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PASCAL CORNIOT

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Chansons de Pascal CORNIOT

Le blog de P&MI
August 30

"Nés sous X" Le concert...

 
 Pour P&Mi, le 23 juin 2007 restera une date émouvante... Celle de son premier concert....
 
Un concert ? Et pourquoi ? Pour fêter la sortie et la mise en vente dans les bacs du single "Nés sous X". Ce jour là, il est 10h30 lorsque j'arrive chez Michel. Le temps d'ouvrir le coffre pour prendre la guitare et me voici immergé dans cette nouvelle aventure. Marie Claire arrivée de Toulouse la veille au soir vient de sortir son violon de l'étui, ainsi que sa flutte traversière, et nous entamons l'ultime répétition. Dès les premières mesures, l'émotion me submerge. Les arrangements écrits par Marie Claire sont magnifiques. Les instruments font corps et soulignent à merveille la mélodie. La musique nous emporte et l'ensemble nous rassure. Dehors, le soleil brille. La journée s'annonce prometteuse...
 
Midi ! A table ! Pour la première fois, je peux manger avant un concert. Chose rare, je suis à la fois détendu et confiant. A 14h00, après un bon repas, nous quittons le village de Larroque des Arcs pour nous rendre à Cahors, direction l'Espace culturel Leclerc. Sur place, l'accueil est chaleureux. Nous nous installons au beau milieu du magasin, entre les rayons des disques et ceux des livres. Tout cela fleure bon la culture, ce mot magique qui enchante ce lieu à l'atmosphère studieuse et feutrée. Affairés dans nos préparatifs, nous apercevons Evelyne qui vient nous rejoindre. Evelyne, c'est notre nouvelle bassiste. Elle fait partie de notre groupe depuis à peine quelques jours, mais déjà, le courant passe entre nous. J'aime sa silhouette élancée et nonchalante, son sens musical et son petit accent nordique. Le temps d'échanger quelques paroles, et voici qu'une jeune femme nous aborde. C'est une journaliste de la Dépêche du Midi. Les questions fusent. C'est pour un article ! Tant mieux ! Enfin, on s'intéresse à lui, au single "Nés sous X" dont c'est aujourd'hui le baptême.
 
15H30. Le responsable du magasin vient nous donner le signal : <C'est à vous !>.
 
Alors on y va ! Le temps de passer la sangle de la guitare sur mes épaules, et c'est parti pour 1h30 de concert. Accompagné de la flutte traversière de Marie Claire, j'entame les premières mesures de "Que j'aime la forêt"... Que j'aime les "boum boum" de la basse sous les doigts d'Evelyne, et le chant grave qui sort du violoncelle de michel. L'ambiance et bucolique, champêtre et pastorale. A cette instant, pour reprendre l'expression de Michel, nous apportons "la forêt dans la ville".
 
"Nés sous X", "Laisser rentrer le soleil", "Je la chercherai", "Dans le grenier de ma maison", les chansons se succèdent devant un public attentif. Le public, justement, il joue à cache-cache ! C'est la magie de cet endroit. Il est à la fois partout et nul part... Bien sûr, il y a des personnes assises devant nous, d'autres debout et attentives, d'autres qui passent et s'arrêtent un instant. Et puis, il y a toutes les autres, que l'on ne voit pas, mais qui sont bien présentes. On les devine à chaque fin de chanson, aux applaudissements qui fusent d'entre les rayons, aux quatre coins du magasin... Par-dessus les gondoles, on aperçoit alors des têtes qui se lèvent, abandonnant quelques instants de lecture pour nous écouter. Quel bonheur cette duplicité de la culture ! Quel bonheur de se produire en ce lieu !
 
Devant nous, bien évidemment, sur un petit meuble figure en bonne place nos albums à la vente. Les gens qui achètent nous font des petits signes de tête en nous montrant le CD qu'ils emportent.
 
Avec "Africa" et "ANPE", la fin du concert approche. Sur ce dernier morceau, les arrangements "New Orléans" de Marie Claire font merveille. A cet instant, je ne sais pas ce que le bébé que Marie Claire porte dans son ventre bien arrondi, pense de tous ce remue ménage, mais je crois qu'il doit être déjà bien fier de sa maman...
 
 A la fin de notre prestation, nous sommes ravis, enchantés, c'est le cas de le dire... Malgré la fatigue, il n'est pas question de nous reposer sur nos lauriers. Nous avons un autre engagement pour le soir...
 
22h00, nous sommes installés sur les berges du Lot, avec devant nous tout un village. C'est la fête de la Saint-Jean à Larroque des Arcs, et pour les oreilles, c'est P&MI qui régale ! Là encore, le public ne boude pas ses applaudissements...
 
Il est autour de minuit lorsque le bûcher s'enflamme au milieu de la rivière. La rivière, c'est elle qui porte notre joie en emmenant dans son courant les mauvais souvenirs des galères passées.
 
Je me couche toutefois avec un petit pincement au coeur. Je n'y peux rien, mais mes complices musiciens je les aime et ils me manquent déjà...
 
A+
 
Pascal.
 
 
 
August 29

Sur un air de country...

 
Sur un air de country, P&MI fait sa rentrée... Mon dieu ! Il y a si longtemps que je n'ai rien écris sur ce blog. Mon dernier billet date du 30 mars ! Pourtant, rien ne s'est arrêté. Ou plutôt, si, nous avons fait une grande pause entre fin juin et maintenant. Après tous ces efforts pour la sortie du single "Nés sous X", j'ai eu besoin de me ressourcer. Oui, loin de la musique, de ses contraintes et de ses désillusions, j'ai flâné, bouquiné, rêvé des espaces infinis, l'oeil rivé à mon téléscope planté sur le causse désert, au coeur de la nuit.
 
Enfin, j'ai quelquefois pris ma guitare, je l'avoue. Pour ne pas perdre la main...  Je voulais écrire une petite chanson douce afin de ne pas avoir les mains vides pour la reprise des répétitions de P&MI. Donc voilà, malgré les éternels obstacles qui se dressent sans pitié devant les artistes en quête d'auditoire, P&MI persiste, et votre serviteur signe cette nouvelle composition intitulée "Notre maison de campagne".
 
 

Notre Maison de campagne

 

Lorsqu’on l’a découverte

Dans sa parure verte

Avec ses tuiles roses

Loin des villes moroses

Perchée sur la colline

Ainsi qu’on l’imagine

En pays de cocagne

Notre maison de campagne

 

Sur un air de country

On l’a trouvée jolie

Avec sa treille en fleurs

Mississippi River

Sur un air de country

Nashville (Tennessee)

Ta musique accompagne

Notre maison de campagne

 

Elle a des volets verts

Un escalier de pierre

Un bolet ombragé

Ouvert sur la vallée

Assis sur la terrasse

Au gré du temps qui passe

On oublie alanguis

Les soucis de la vie

 

Sur un air de country

On la trouve si jolie

Avec sa treille en fleurs

Mississippi River

Sur un air de country

Nashville (Tennessee)

Ta musique accompagne

Notre maison de campagne

 

Et dans la chambre bleue

Faite pour les amoureux

Derrière les volets verts

Les heures tournent à l’envers

On voyage sur le dos

Dans un vieux lit bateau

En écoutant Elvis

Et Emmylou Harris

 

Sur un air de country

Nashville (Tennessee)

Leur musique accompagne

Notre maison de maison de campagne

 

Instrumental…

 

Entourée de prairies

Où paissent les brebis

Elle arbore en insigne

Quelques rangées de vigne

Enivré de couleurs

De parfums et de fleurs

Je dédie ce poème

A la femme que j’aime

 

Sur un air de country

Je la trouve si jolie

Dans sa robe à carreaux

Qui lui colle à la peau

Sur un air de country

Nashville (Tennessee)

Ta musique accompagne

Notre maison de campagne….

 Instrumental…

March 30

L'enfant qui passe...

Juste une petite chanson que je viens d'écrire et qui traite d'un douloureux et délicat problème...

 

L'ENFANT QUI PASSE (voir la vidéo)
 
Allongé sous le cerisier
Il voit le soleil se lever
Le vent descendu des collines
Porte des parfums inutiles
 
Il imagine la balançoire
La jupe qui tourne dans le miroir
Et rapproche de ses idées noires
La folie de n’pas te vouloir
 
Refrain :
 
Toi,  petite fille, tu aurais pu
Avoir un père de dix sept ans
Qui t’aurais donner tant d’amour
Il aurait suffit de presque rien
Un écho, une voix, un soutien
Quelqu’un pour dire que rien n’efface
L’enfant qui passe…
 
Chaque jour semble plus fragile
Et  sourire devient difficile
Quand on vit seul dans un royaume
Hanté par un bébé fantôme
 
Les images défilent dans sa tête
Si tu savais comme il regrette
Le jour prévu de ta naissance
Transformé en un long silence
 
Toi petite fille….
 
Il se souvient avec tendresse
De  l'adolescente en détresse
Leur histoire de vie et de mort
Alimente sans cesse ses remords
 
Auraient ils pu faire autrement
Ne pas écouter les parents
Et savoir trouver le courage
D’aller contre leur entourage
 
Toi petite fille….
 
Il voudrait que tu lui pardonnes
D’avoir mêlé à ta personne
Le bruit des sanglots qui éclatent
Sur un lit de sang écarlate
 
Allongé sous le cerisier
Il voit le soleil se lever
Et quand la terre fumera
Il pensera encore à toi…
March 04

Nés sous X

 

Voilà, la chanson « Nés sous X » est enregistrée !!!

Le groupe «P et Mi » est entré en studio pendant deux jours, les 2 et 3 mars…

Avec :

Pascal CORNIOT (chant et guitare)
Michel LHOMMELET (violoncelle)
Marie Claire SCHWALM (Violon, flûte traversière, chant)
Joël SEGURA  (bassiste de Nino FERRER) (guitare basse, percussions)
 
Une mention spéciale à Marie Claire (1er violon de l’orchestre philharmonique de Pau, 1er prix de violon, et 1er prix de flûte traversière) qui a fait les arrangements musicaux et qui a apporté toute sa virtuosité avec son violon du 18ème siècle…

 Le résultat dépasse toutes nos attentes…

« Nés sous X » sort du studio avec une ampleur poignante. Difficile de maîtriser son émotion lorsqu’on l’écoute. La musique qui la porte ouvre réellement les portes de l’âme…

Pendant l’enregistrement, il s’est réellement passé quelque chose dans le studio. Nous avons donné le meilleur de nous même, avec une parfaite communion, et la chanson y a gagné une force incroyable. 

Prochaine étape : enregistrement d'un second titre pour la parution d'un double single.

A bientôt. 

Pascal.

NB : Pour patienter : voir les photos prises pendant l'enregistrement dans le nouvel album photos

 

February 20

Des nouvelles du front

Voilà enfin un peu de temps pour écrire et pour donner des nouvelles du front.

 La vie d’artiste à temps partiel est loin d’être simple. C’est peu de le dire… Le temps est une richesse dont je me sens souvent dépossédé. Les jours passent avec leurs flots de vicissitudes, de luttes incertaines entre le besoin d’écrire et la nécessité d’une vie sociale laborieuse qui souvent prend le pas sur les inspirations personnelles. Le matin, je parviens parfois à coucher quelques rimes sur mon carnet, un début de mélodie sur les lignes droites d’une feuille de papier à musique, puis, tout de suite, il faut tout laisser, tout remettre à plus tard… Et tout est un éternel recommencement. Je cours à ma voiture pour me rendre au travail, et me voilà happé par un autre costume, celui que j’endosse derrière mon bureau.

Le soir, la fatigue me coupe les ailes. Après la nuit, la course reprend. La mélodie de la veille reprend vie sur quelques accords de guitare, puis s’envole, emportant avec elle l’inspiration qui part s’évanouir, parfois à tout jamais. Ainsi va la vie de celui qui se partage et sans cesse se déchire…

Pourtant, sur le long terme, des perspectives semblent s’allumer. Il faut alors user de tout son courage pour garder la flamme. C’est là un combat inouï pour ne pas risquer de s’éteindre soi-même… cela serait pourtant si simple.

Mais, l’être humain à besoin de croire à un idéal. Le mien est de faire entendre ce que j’ai dans le cœur, et c’est pour cela que je compose et que je chante.

Vous l’aurez compris, je suis mi-cigale, mi-fourmi. Tel est mon destin.

Le destin, justement ! C’est peut être lui qui est venu frapper à ma porte au lendemain du concert pour le Téléthon. Il a y eu des retombées en effet.  Tout d’abord, une demande de concert avec cachet d’artiste pour une association, puis la perspective de se produire en première partie d’une vedette de la chanson française lors d’un festival qui aura lieu en août 2007. Des organisateurs de spectacles ont été séduit par notre prestation. Enfin !

Et puis, des rencontres. Notamment celle de Joël SEGURA, bassiste de Nino FERRER, avec qui nous entrons en studio le 3 mars 2007 pour enregistrer «Nés sous X ». Je dis nous car d’autres choses se sont mise en place, provoquées par le départ définitif de Frédéric CUSTAU qui n’a pas souhaité s’engager avec moi sur le long terme, puis par celui (programmé) de Béatrice de LORENZI qui intègrera une école d’art plastique à Paris l’année prochaine. La grande nouvelle est donc la «disparition» de «Pascal CORNIOT» au profit du groupe            «P et Mi » composé pour le moment de Pascal CORNIOT et de Michel LHOMMELET.

A cette formation, viendront s’ajouter pour les concerts et pour les enregistrements futurs, et en fonction de leurs disponibilités respectives, Joël SEGURA et Marie Claire SCHWALM (Premier prix de violon et de flûte traversière).

Autre nouvelle, « P et Mi » donnera un concert le 10 mars 2007 à l’Espace culturel LECLERC de Cahors pour assurer la promotion de «Que j’aime la forêt», l’album venant d’y être mis en vente.

Enfin, il a aussi dans les tuyaux la mise en place d’un partenariat entre «P et Mi » et l’association «D’origine inconnue» pour la diffusion de la chanson «Nés sous X».

Voilà pour la flamme, voilà pour la cigale. Demain matin, ce sera à nouveau le temps de la fourmi…

 A très bientôt.

 pascal

December 10

Téléthon

  
Lorsque je pousse la porte de la salle des fêtes, ce samedi 9 décembre 2006, je suis pris par le froid qui règne dans les lieux. Il est 9 heures du matin, je suis fatigué, et tendu. Le stress m'a empêché de dormir toute la nuit. Lorsque je parle de stress, il ne s'agit pas du trac dont souffre les artistes avant d'entrer en scène, mais de la fatigue nerveuse accumulée au cours des jours qui viennent de s'écouler. Et puis il y a aussi la fatigue physique suite à une angine carabinée dont le point culminant c'est fait sentir au cours du week-end dernier.
 
La fatigue nerveuse donc... Celle-ci est liée aux épreuves venues en même temps que l'angine. C'est en effet à J-9 que tous a commencer à dérailler. D'abord, la programmation de la journée. Lors de la réunion préparatoire, les organisateurs m'avaient demandé de prévoir un spectacle assez long, d'environ 1h1/4 1h 1/2, celui-ci devant occuper toute la deuxième moitié de l'après-midi. La surprise a lieu lors de la parution des affiches, neuf jours avant le spectacle : nous serons précédés par une troupe de théatre. Renseignements pris auprès des organisateurs, il s'agit d'une troupe de théatre d'improvisation qui jouera quelques sketches avant notre passage. Cela ne remet rien en cause, la troupe n'a pas besoin de beaucoup d'espace scénique, et trouvera à s'adapter au timing initialement prévu.
 
Le soir même, visite de la salle des fêtes avec Frédéric (le bassiste) et notre sonorisateur. Deuxième surprise : il n'y a pas de scène, et les lieux sont très vétustes. La dite salle doit en effet être entièrement rénovée dans les mois qui viennent... Qu'à cela ne tienne ! Nous sauront nous adapter : nous jouerons à même le sol, et nous habillerons le mur derrière nous avec du papier de couleur pour cacher la peinture d'un vert pisseux qui s'est écaillée avec le temps. Après tout, le téléthon c'est du don de soi. Il ne s'agit pas de jouer les stars, mais de participer et de partager dans la joie et la bonne humeur.
 
La véritable catastrophe surgit à J-8. Sans aucun préavis, l'association qui d'habitude nous prète le matériel d'éclairage et de sonorisation nous fait savoir que désormais, il est hors de question que nous puissions utiliser son matériel et ce, pour des questions d'éthique religieuse !
Hé oui ! Cette association proche des milieux protestants, et à laquelle nous avons rendu bien des services pendant des années, estime à huit jours du téléthon que le caractère parfois irréverencieux des paroles de mes chansons est incompatible avec les finalités de leurs oeuvres. L'incompatibilité est semble t'il à 100 %. Pas question que mes chansons ne viennent souiller ne serait-ce qu'un cable, ou un pied de micro...
 
Pour nous, c'est la bérésina ! Pas question de se laisser abattre pour autant. Mission impossible, nous voilà ! Nous courons partout pour acheter un ampli, un micro, loués des pieds de micros, emprunter une table de mixage, un ampli de sono, un autre micro, des baffles... Résultat, je ne dors plus. La nuit, entre 1 heure et 6 heures du matin, je cogite dans mon lit, essaye de trouver des solutions. Le jour, je sollicite les connaissances, y compris le service communication de mon entreprise pour trouver à emprunter du matériel : "Vous pouvez bien fait cela, c'est pour le téléthon !"
 
Le samedi 9 décembre au matin, Frédéric et le sonorisateur me rejoignent dans la salle des fêtes vers 9h30 du matin. La tension est telle que j'en ai le cuir chevelu extrèmement douloureux. L'angine en partant m'a laissé un bon rhume, et un début de bronchite. Les nuits blanches m'ont achevé, mais je ne jette pas l'éponge car j'ai décider de relever le défi. Dailleurs, le défi est là, devant nous, en tas, à même le sol. Nous avons réussi à rassembler le matériel de sonorisation. Il faut désormais réussir à apparier des éléments venus de divers horizons. Pas évident ! Pendant que Frédéric s'en occupe avec notre technicien, je m'attaque à la décoration de la salle, perché sur un escabeau rouillé qui menace à chaque instant de faire le grand écart. Je suis bientôt rejoins dans mes travaux par Michel et Béatrice qui outre les instruments de musique montrent qu'il savent aussi jouer des ciseaux et du scotch double face.
 
Il est onze heures du matin lorsque nous commençons à installer les intruments. Un quart d'heure plus tard, nous nous apprétons à tester la sono... Cette fois c'est sûr, le diable s'en mèle... Le calvier de Béatrice refuse de fonctionner ! Son alimentaion vient de rendre l'âme. Pendant que certains d'entre nous jouent du téléphone portable tout azimut pour trouver un clavier à emprunter, les autres testent les micros. Les signaux arrivent bien à la table de mixage, mais rien ne sort des enceintes. Problème de branchement. Nous n'avons pas les bons cables... En plus d'un synthé, il nous faut également dénicher des adaptateurs...
 
A 11H30, je trouve un magasin de musique (Tempo mélodie) à Cahors qui accepte de nous louer un clavier et des adaptateurs pour les cables. Rendez-vous est pris à 14 heures devant le magasin. Cette fois, c'est la panique ! Il nous restera 1 heure pour installer le matériel et faire les balances... Nous n'aurons pas le temps de faire les mises au point de dernière minutes sur les chansons. Tant pis !
 
En attendant l'ouverture du magasin de musique, nous allons manger. Je n'arrive rien à avaler. Des mandarines et de l'eau. Michel nous fait remarquer que que la Dépêche du midi nous a oubliés dans ses colonnes. Il y a bien la randonnée, de 14h à 16 heures, puis après plus rien... Pas de théatre, pas de chansons... Annecdotique, mais rageant quand même.
 
14 heures enfin ! Nous attendons depuis dix minutes devant la porte du magasin. Le vendeur arrive en voiture. Il n'avait pas de clavier disponible en magasin, et c'est son instrument personnel qu'il nous prète et qu'il sort du coffre de son véhicule. Chapeau à lui ! C'est ça la classe ! c'est çà être humain en ce 9 décembre 2006 !
 
Il est 14 heures 45 lorsque nous revenons à la salle des fêtes avec cette fois le matériel nécessaire. Ca y est ! la sono marche ! Nous courons comme des fous pour installer et tester les instruments, faire les balances. Pour l'éclairage, nous avons amener nos lampes halogènes perso... La débrouille ! Pris dans l'action, j'arrive même à oublier la fatigue !
 
15h30, la troupe de théatre amateur arrive avec les organisateurs. Il faut repousser notre matériel vers le fond pour qu'ils aient de la place pour jouer... Nous désinstallons ce que nous venons de mettre en place... Ce n'est pas assez : il faut défaire les cables pour que les acteurs ne se prennent pas les pieds dedans...
 
15H45, nous aprenons que les randonneurs se sont attardés en chemin et que tous les horaires sont décalés d'une demie-heure...
 
16H45, le théatre commence avec 45 mn de retard sur l'horaire prévu. Ils sont 5 et jouent des sketches improvisés, sans matériel, ni décors, ni préparation. Les numéros s'enchainent, avec des gestes brusques et des virevoltages à base de chaises dont les pieds projetés frôles dangeureusement ma guitare. La crainte que j'éprouve pour mon précieux matériel fini par me donner des maux de ventre effroyables...
 
17h45, après une suite interminable de numéros, la troupe de théatre nous cède enfin la place. Après avoir réinstaller notre matériel à l'arrache, nous entrons en scène avec 1 heure de retard par rapport à l'horaire prévu.
 
Enfin, on y est ! On s'y donne ! A fond ! Le public est partant et en demande ! C'est super ! Les gens sont attentifs aux paroles, se laissent emporter par les rythmes, applaudissent avec bonheur, c'est génial !
 
Nous sommes à peu près à la moitié du répertoir. Alors que je commence à être détendu, à me lacher, et que tout commence à aller crescendo, je suis interpelé par la personne reponsable de l'organisation qui me crie depuis l'autre bout de la salle : <S'il vous plaît ! Il faut arrêté maintenant ! Les élus viennent d'arriver  ! On va servir l'apéritif !".
 
Sur le coup, je suis con-ster-né ! Je n'arrive pas à y croire ! je me retourne vers mes musiciens pour voir s'ils ont bien entendu la même chose que moi.  C'est à leurs mines défaites que je me rends compte que je ne rêve pas, que ce n'est pas un mirage engendré par la fatigue ! Tout arrêté alors que nos meilleures chansons sont à venir...
 
Après un court conciliabule, nous décidons de jouer deux chansons : celle que je venais d'annoncer avant d'être interpellé, et notre chanson de clôture. Nous terminons notre prestation dans les brouhahas. Sans sommations, les organisateurs ont déjà ouvert les portes et commencer à servir l'apéritif...
 
 
Dé-gou-té ! je suis dé-gou-té !
 
Nous replions notre matériel dans la plus grande confusion. Quelques personnes viennent pourtant nous faire des compliments :
 
- Ca c'est des chansons ! c'est autre chose que "La chenille" ça !
- J'écoute votre album tous les matins dans ma voiture en allant travailler. L'album c'est déjà super, mais alors sur scène !
- Monsieur CORNIOT, c'est la deuxième fois que je vous vois sur scène, c'est toujours aussi bien !
- Vraiment des belles chansons ! Vous avez une carte ? On peut vous solliciter pour des manifestation ? Faites moi parvenir vos tarifs.
- C'est plein de nouvelles chansons ! Super en tout cas !
etc...
 
Nous écoutons d'une oreille distraite, aucun de nous n'a la tête à cela.
 
De la part des organisateurs, pas un mot de remerciement, rien... Nous étions prévus au repas de clôture le soir. Nous sommes partis dès les voitures chargées sans même prendre la peine de nous décommander.
 
Croyez moi, les gens ne respectent plus rien, surtout lorsque c'est gratuit. On ne m'y reprendra plus...
 
Mon seul bonheur est l'instant partagé avec Béatrice, Michel, et Frédéric. Comme je les aimes. Dire que c'est moi qui les ai entraîné dans cette galère...
 
Amen, mes amis, Amen !
 
 
 
November 22

Préparatifs et répétitions

 
Vous l'aurez compris, le temps passe très vite, et j'ai beaucoup de mal à alimenter le blog en ce moment. En effet, la préparation du concert du 9 décembre bat son plein.
 
Autour de ce projet, nous sommes en train de former un bon petit groupe :
 
- Béatrice de Lorenzi (c'est elle qui a enregistré avec moi "Le monde est clair" et "Dans le grenier de ma maison") au chant, au synthé, et à la flute à bec
 
- Michel l'HOMMELET, à la guitare, au chant, et aux percussions
 
- Frédéric CUSTAU ( de retour) à la guitare basse
 
- Moi (bien sûr) au chant et à la guitare
 
 
Nos premières répétitions sont pleines de promesses et de trouvailles. Nous sommes tous transportés par la jolie de voix de Béatrice, au point que sur certaines chansons, cela me donne la chair de poule. Nous avons prévu un programme de 17 chansons, ce qui est assez conséquent compte tenu du peu de temps que nous avons devant nous. Ceci dit, nous sommes vraiment confiants, et impatients de monter sur les planches.
 
Voilà, c'était juste une petite parenthèse pour donner des nouvelles. Je retourne à ma six cordes.
 
A bientôt.
 
 
 
November 07

Des nouvelles / nouvelle vidéo

 
Ca y est ! Les choses bougent !
 
Tout d'abord, une grande nouvelle. Je viens de signer un contrat de distribution pour "Que j'aime la forêt", avec un label national ! Il s'agit de "Wild Palms music", filiale du groupe Virgin. Depuis hier après-midi, "Que j'aime la forêt" est disrtribué en numérique en France, et (c'est rigolo) en Angleterre et aux USA. L'album dans son ensemble, mais aussi titre par titre est en vente en téléchargement payant, notamment sur les sites de la FNAC et de Virgin Mégastore (9.99 euros pour l'ensemble de l'album, et 0,99 euros au titre). Une grande victoire  que je tiens a partager avec vous, fidèles lecteurs et amis du blog.
 
D'autre part, les encouragements qui m'ont été adressés par com, notamment de la part de Janislumière, Mimi, Marie, et Aurore, ne m'ont pas laissé indifférent, et m'ont incités à mettre tout en oeuvre pour pouvoir annoncer ce soir que je participerai au Téléthon le samedi 9 décembre 2006. Ce jour là, je serai donc en concert avec Béatrice de Lorenzi et Michel LHOMMELET, mes fidèles amis et accompagnateurs. A priori, le concert sera filmé et je vous promets d'en mettre des extraits sur le blog.
 
Voilà pour les nouvelles. Bien sûr, cela n'est qu'une première étape de franchie, et tout reste encore à faire. Pour cette raison, je vous lance un appel, afin que m'aidiez à poursuivre ma route en faisant connaître mes chansons. Celà est désormais possible en téléchargeant mes titres sur les sites où ils sont en vente, et en les faisant découvrir autour de vous.
 
Les chansons pour un deuxième album sont déjà prètes. Il faut désormais que je vende en peu "Que j'aime la forêt" pour pouvoir envisager un retour en studio. C'est pourquoi, je vous le dit du fond du coeur : j'ai vraiment besoin de vous...
 
Le contexte est difficile car le public est devenu plus gourmand de musique à danser que de chanson poètique ou "à texte". En fait, les gens sont avant tout sensibles au rytme et aux arrangements tapageurs, et le contenu des paroles passent très facilement au second plan. Cette constatation ne m'écarte cependant pas de ma route, et au contraire m'a inspiré cette nouvelle chanson dans laquelle j'ai essayé de concilier l'inconciliable, à savoir, écrire une chanson à danser "intelligente".
 
Chanson à danser :
 
Refrain :
 
Trois petits accords
Qui tombent d'accord
Et tout l'monde se met à danser
Chanson ridicule
Loin de tous calculs
Mais qui nous fait balancer
Dans ce corps à corps
Tout l'monde est d'accord
On est là pour s'amuser
Pas de poésie
De paroles choisies
On n'est pas dans un musée !
 
Mais quand les filles s'envolent
Comme les muses d'Eole
Improbables phalènes
Nés de l'absinthe de Verlaine
Leurs mouvements de couleurs
Les transforment en champ de fleurs
Qui viennent nous émouvoir
Comme du Monet, du Renoir...
 
Trois petits accords...
 
Mais quand les filles caracolent
Egéries des années folles
Intrépides écuyères
Nées des Walkyries de Wagner
Leurs fabuleuses crinières
Volent au dessus de la Terre
En capturant la lumière
Comme les toiles de Vermeer...
 
Trois petits accords...
 
Mais quand les filles balancent
Leurs bustes avec élégance
Adorables sirènes
Nées dans les contes d'Andersen
Elles nous attirent en cadence
Dans leur étrange mouvance
Vers leur corps que l'on étreint
Comme dans le baiser de Rodin...
 
Trois petits accords...
 
Mais toutes les filles qu'on emballe
Sur des musiques à deux balles
Fascinant paradoxe
Du top cinquante et de l'intox
Nous montre ce que l'on découvre
Le long des gal'ries du Louvre
Et sous les voutes d'Orsay
Où nous transportent leurs attraits...
 
Trois petits accords
Qui tombent d'accord
Et tout l'monde se met à danser
Chanson ridicule
Loin de tous calculs
Mais qui nous fait balancer
Dans ce corps à corps
Tout l'monde est d'accord
On est là pour s'amuser
Pas de poésie
De paroles choisies
On n'est pas dans un musée...
 
 
Et pourtant...
 
 
 
October 15

Climax / Nouvelle vidéo

 
Me revoila après quelques jours d'absence passés à écrire une petite chanson écologique inspirée par le déréglement climatique. Je la livre ici en texte et en vidéo. A noter : les oiseaux venus chanter avec moi lors de l'enregistrement dans mon jardin, hier en fin d'après midi...
 
Climax
 
C'est la plus belle des femmes du monde
Pas une poubelle, ni même une blonde
Mais si certaines la trouvent un peu ronde
Elle nous entraîne tous dans sa ronde
 
Mais depuis qu'elle se met en colère
Parce qu'on la traite sans manières
La planète bleue secoue ses puces
Toutes ses petites bêtes qui la sucent
Parasites féroces et pervers
Qui s'acharnent sur son manteau vert
 
S'attaquant à coup de bulldozers
Au corsage fleuri de la terre
On finira par mettre en lambeaux
Les parties intimes de sa peau
Que ceux qui écorchent sa pudeur
Sachent que celle dont ils font le malheur :
 
C'est la plus belle des femmes du monde
Pas une poubelle, ni même une blonde
Mais si certaines la trouvent un peu ronde
Elle nous entraîne tous dans sa ronde
 
La prenant pour une fille facile
Elle pourtant cultivée et fragile
La société roule des mécaniques
Dans des volutes de gaz carbonique
Exprimant ses intentions viriles
Par le cul de ses automobiles
 
Le soleil qui darde ses rayons
Attend que la belle soit en haillons
Pour aller lui dénuder les pôles
En petites calottes elle sera drôle
Cette pauvre fille dont on rigole
Et que l'on paye avec son pétrole
 
C'est la plus belle des femmes du monde
Pas une poubelle, ni même une blonde
Mais si certaines la trouvent un peu ronde
Elle nous entraîne tous dans sa ronde
 
Tous ces blaireaux qui montent à la charge
On transformé son corps en décharge
Pas étonnant que nos matricules
Soient asaillis par la canicule
La frénésie du consommateur
A fini par la mettre en chaleur
 
L'industrie qui fait dans la dentelle
Finira par la mettre en bordel
On saura tous quelle sera la chute
De l'avoir traitée comme une pute...
Il serait temps de s'apercevoir
Que celle qui nous sert de dépotoir
 
C'est la plus belle des femmes du monde
Pas une poubelle, ni même une blonde
Mais si certaines la trouvent un peu ronde
Elle nous entraine tous dans sa ronde
 
La planète bleue secoue ses puces
Toutes ces petites bêtes qui la sucent
Sans se douter qu'elle aura la force
De faire le ménage sur son écorce...
 
Pascal
 
 
 
 
October 09

Humanitaire à terre

 
Depuis février 2006, je travaille à une belle et noble cause. Il s'agit de la préparation d'un concert qui doit être donné le samedi 24 juin 2006, à la Bourse du Travail à Cahors, et qui doit permettre de récolter des fonds pour aider à construire une école dans un village d'Afrique.
 
Lorsque l'association humanitaire qui gère le projet me propose de participer, j'accepte d'emblée, faisant même don d'une centaine de CD de "Que j'aime la forêt" destinés à être vendus à la fin du concert.  Avec mes musiciens, nous entrons en répétition pour plusieurs mois, mettant au point un spectale d'environ une heure. Nous sommes programmés pour deux prestations, l'une à 14 heures, l'autre à 21 heures. Le but de la manifestation est magnifique. Il s'agit de permettre la scolarisation d'un groupe d'enfants qui travaillent toute la journée à trier les déchets dans une décharge à ciel ouvert...
 
Le moment venu, nous sommes prêts et enthousiastes. Les chansons, longuement retravaillées sonnent à la perfection. Nous donnons également beaucoups de nous mêmes durant les jours qui précèdent, collant les affiches, contactant les médias, distribuant des tracts.
 
Le 24 juin au matin, c'est le branle-bas de combat. Nous finissons de préparer la salle, installons le matériel, accordons les instruments, et achevons notre labeur par une ultime répétition.
 
Lorsque nous ouvrons les portes, tout est prêt pour l'accueil du public. Au fond de la salle, des stands proposent à la ventes des dizaines de gâteaux confectionnés par des bénévoles. Chaque patisserie et enveloppée dans un petit paquet transparent enrubanné de jolies couleurs. A côté, des panneaux exposent des photographies rappelant le but de la manifestation. A l'entrée, les membres de l'association se préparent à accueillir les visiteurs. Le prix de la place est attractif : 2.50 euros.
 
A 14 heures et 20 minutes, nous entrons en scène devant 15 spectateurs... Qu'à cela ne tienne, nous donnons le meilleur de nous même pendant l'heure qui nous est impartie. Les gens aplaudissent. A la fin du spectacle des personnes viennent nous voir :<Quel dommage ! Si nous avions su ! Nous aurions amené nos amis, nos collègues...>. Oui, s'ils avaient su... Cela me rapelle des choses déjà entendues lors de reportages sur la libération des camps nazis. Si on avait su...
 
Mais on ne refait pas l'histoire. Pourtant le scénario se répète en pire lors de la représentation du soir. A 21h30, il y a cinq personnes installées dans les fauteuils. Dans un premier temps, je décide d'annuler la représentation. Ceci d'autant plus que mon bassiste me suggère de ne pas chanter "ANPE", un spectateur de l'après midi s'étant déclaré choqué par la crudité des paroles de la chanson. Le fait que cela ait pu trouver un écho chez lui me révolte. J'ai parfaitement mémorisé la physionomie du mauvais coucheur, un beauf venu au spectacle en basquettes, vétu d'un short  de sport et d'un teeshirt...
 
Parmis les cinq spectateurs, un couple accompagné d'un petit garçon me fait changer d'avis. Ils ont acheté mon disque plusieurs mois auparavant et on fait un déplacement de 200 kilomètres pour venir me voir chanter. Placé devant un cas de force majeure, j'endosse ma guitare et nous repartons pour un tour.
 
Dans la nuit, nous achevons le démontage du matériel et le rangement de la salle. Trois CD on été vendus, des montagnes de gateaux partent à la poubelle. Extenué, je repars chez moi avec cette pensée lancinante : ces enfants d'Afrique, que vont ils penser de nous, les frères nantis, pourris de suffisance et d'indifférence...
 
Deux mois plus tard, mon bassiste me téléphonera pour m'annoncer son départ vers un autre groupe, à l'avenir plus prometteur. Son départ réduit à néant un projet qui me tenait à coeur : chanter pour le téléthon 2006.

Sous le pont Mirabeau coule la scène...

 
Le printemps 2006 m'apporte une grande lueur d'espoir. Je regarde d'un oeil distrait les informations régionales lorsqu'un reportage retient mon attention. J'apprends en effet qu'un café théatre baptisé "Côté rocher" vient d'ouvrir ses portes à Rocamadour, à environ une heure de route de chez moi. Corinne DELPECH, commédienne de son état, propriétaire et gérante des lieux ouvre cette nouvelle scène sous le parainage de Patrick Sébastien, mettant fortement en avant une volonté farouche de promouvoir les artistes locaux.
 
Un petit tour sur le site de "Coté rocher" confirme les propos de Corinne DELPECH. La programmation en effet est plutôt ecléctique et concède quelques soirées à des artistes fréquentant habituellement les restos à touristes. On y trouve en effet, untel qui chante Brassens, untele qui interpète le top 50 en karaoké.
 
Je me rends sur place le week-end suivant et, prenant mon courage à deux mains, je me présente à l'accueil. Souriante, la patronne me reçoit avec chaleur et me fait visiter son établissement. La salle de spectacle est superbe. Face à une scène en quart de cercle, des rangées de fauteuils peuvent accueillir une centaine de spectateurs. Nous discutons technique, tout en faisant le tour des installations. Il y a sur place tous les équipements nécessaires, que ce soit au niveau de la sonorisation ou des lumières. Un régisseur professionnel s'occupe de l'ensemble, les artistes qui se produisent n'ayant à apporter que leurs instruments.
 
Corinne DELPECH épluche rapidement les documents que je lui tend, examine mon CD, et m'invite à venir chanter chez elle dans le courant du mois d'août, sa programmation étant déjà complète jusqu'a fin juillet. Je la quitte enthousiasmé, impatient d'annoncer la bonne nouvelle à mes musiciens.
 
Michel lhommelet (mon guitariste) et Frédéric Custau (mon bassiste) sont aux anges. Nous accélerons les répétitions afin d'être au top le moment venu.
 
Lorsqu'arrive le 15 août, je téléphone à Corinne DELPECH pour connaitre la date exacte à laquelle nous nous produirons. Sa réponse me déçoit provisoirement. Elle a choisi de reporter notre concert à une date ultérieure comprise entre la fin septembre et les fêtes de fin d'années, me promettant de me téléphoner d'ici une quinzaine de jours. Il n'y a pas d'autre alternative que de s'armer de patience.
 
Trois semaines passent, sans aucune nouvelle. Je décide alors de retourner sur place. L'accueil est beaucoup plus distant que la première fois. Le sentiment d'inquiètude qui m'envahit se trouve conforté par les paroles de Corinne DELPECH. Celle ci m'explique qu'elle a décidé de mettre un frein aux spectacles de chansons par manque d'engouement de la part du public. Elle souhaite toujours m'acceuillir, mais pas avant la saison prochaine, et me propose de reprendre contact dans plusieurs mois... Son établissement à besoin de faire des entrées, et seules les affiches sur lesquelles figure le logo "Vu à la télé" permettent de gagner un peu d'argent.
 
J'accueil son refus "polis" la mort dans l'âme, sentant le déssepoir enfoncer sa lame tranchante dans mes illusions...
 
 
 
October 04

Le silence des radios

 
Au lendemain de la sortie de l'album "Que j'aime la forêt", je profite de la tenue d'un vide grenier sur la place de mon village pour présenter mon travail. Les chansons passent en boucles sur la platine laser, captant parfois l'attention des passants qui s'arrêtent alors à mon stand. Là, sur une table, ils peuvent regarder en gros plans des tirages du livret, des photographies prises au cours des séances d'enregistrement, lire les paroles des chansons.

Ils peuvent aussi bien entendu acheter l'album. Parmi eux figurent des anglais et un couple d'australiens qui ne comprennent pas un mot de la langue de Molière... La dame se dandine au rythme de "Que j'aime la forêt" et me tend un stylo pour une dédicace. Alors que je m'exécute, elle m'interroge en pointant son achat du doigt :<The forest ?>. Nous  échangeons quelques phrases en anglais, puis le couple prend congé, tout réjouit à l'idée d'emporter chez lui à l'autre bout du monde, un souvenir qui à leurs yeux sort réellement de l'ordinaire.

Ils me laissent en partant une carte de visite sur laquelle figure leur adresse : Kadina - South Australia. Je la garde toujours dans mon portefeuille, heureux de m'imaginer que parfois quelqu'un écoute mes chansons au pays des kangourous.

Parmi les habitants de mon village, seules deux personnes se donnent la peine de s'interesser à mon album. Cela ne m'étonne guère. Je sais de longue date que nul n'est prophète en son pays.

Une jeune femme, qui à côté de moi vend des bijoux artisanaux me fait promettre de prendre contact avec Antenne d'Oc, une radio FM qui couvre le département. Elle est enthousiaste :<Allez les voir ! Promettez le moi ! Je les connais, Ils vont adorer ce que vous faîtes. Ils vous diffuseront, c'est sûr !>.

Deux jours seulement ce sont écoulés lorsque je me présente à la porte d'Antenne d'Oc. La fille qui m'entrouve la porte me dévisage avec l'air soupçonneux que l'on destine généralement aux represantants de commerce. <C'est pourquoi ?>. Mon album sous le bras, je lui explique sur le trottoir que je viens de réaliser un CD, et qu'en tant qu'artiste local, je souhaiterais que celui-ci soit diffusé sur les ondes. Visiblement, je dérange... Elle accepte  malgré tout de me laisser entrer afin que je lui laisse mes coordonées et mon disque, m'expliquant qu'elle doit bientôt partir en congés et qu'elle me recontactera à la fin du mois d'août, soit d'ici deux mois...

Fin septembre, n'ayant toujours aucunes nouvelles, je me permets de téléphoner. Visiblement, je dérange encore... Sa collègue n'a pas eu le temps d'écouter mon album. Courant octobre, je décroche a nouveau mon combiné. Même son de cloche...

En despoir de cause, je m'adresse directement à un animateur d'une station relais. Enfin, il me donne rendez-vous la semaine suivante, un samedi en fin d'après midi. Le jour venu, je tourne pendant une heure et demie sur des petites routes de campagne avant d'arriver enfin dans une cour de ferme boueuse. Le studio dans lequel je mets les pieds est un capharnaüm crasseux. l'animateur, copie conforme de Ginsbard à la fin de son règne, me reçoit au milieu d'un enfer de mégots de clopes et de gobelets de café renversés. Il m'accorde vingt minutes d'interview à brûle pourpoint entrecoupées par la diffusion de trois de mes chansons. Je retrouve le chemin de ma voiture après lui avoir confié en souvenir un exemple de "Que j'aime la forêt".

L'histoire s'arrêtra ici, aucun de mes titres ne devant revenir visiter les ondes d'antenne d'Oc.

Courant décembre, un membre de ma belle famille porte mon album à Radio plus, une station FM qui désert l'aglomération Toulousaine. Sans nouvelles début 2006, il tente un appel téléphonique. On lui fait la même réponse que celle qui m'a été faite quelques mois auparavant par Antenne d'Oc : On n'a pas eu le temps découter l'album. Fin janvier, il retourne sur place pour en avoir le coeur net. Les propos sont sans appel : <Oui, c'est très bien ce qu'il fait, mais vous comprenez, ce n'est pas connu...>.

Le 26 août 2006, en surfant sur le net, je découvre le site de Radio Saint Afrique, station FM indépendante située dans l'Aveyron. La philosophie affichée est prometteuse. Il s'agit entre autre pour cette radio de promouvoir les nouveaux talents et de consacrer une part importante de leurs programmes aux artistes autoproduits. Je leur écris le jour même, leur proposant de venir présenter mon album en interprètant quelques chansons en direct, accompagné des mes musiciens. Je joints à mon envoi une biographie et un CD, les assurant de mon entière disponibilité. Je n'ai à ce jour toujours aucun retour de mon courrier...

Qu'on le comprenne, ces gens là ne se donnent même pas la peine de répondre à ceux qui les sollicitent...

Entre temps, j'essaye une autre piste. Je sollicite Présence Lot, radio catholique qui diffuse sur le département. Je pense avoir toutes mes chances. Je connais la Présidente pour avoir entrainé pendant deux ans la chorale de cathédrale de Cahors, accompagné à la guitare classique quelques beaux chants de messe pendant les offices, permis à des baptêmes d'être hauts en couleurs. Mon album entre dans les studios, mais n'en ressort pas. Bien sûr, il y a "Ainsi est ma prière" et des chansons qui peuvent contribuer à élever les âmes, mais certains titres jugés sulfureux interdisent à l'ensemble d'avoir voix au chapitre...

Ainsi vont les choses, ma voix, trop grosse pour passer par le trou d'une aiguille, n'a semble t'il d'autre vocation que de se perdre à l'infini dans le silence des radios...

A défaut, puissent mes amis du net lire les paroles de cette petite chanson d'automne :

Image de toi 

Il y a les feuilles mortes
Les pavés mouillés
Les pas qui m'emportent
Vers ta cheminée
Le vent qui m'escorte
Le long des allées
 
Il y a ce train qui part
Ces hommes sur le quai
Ces adieux bizares
Ceux que tu aimais
Je suis en retard
Tes cheveux défaits
 
Il y a le temps qui court
L'horloge qui sonne
Sur les pavés sourds
Mes pas qui résonnent
Et toi, tu fais l'amour
Avec l'automne....
 
Pascal.
October 02

Le passage

Pascal : Pesha, le passage... Chanson écrite à Pâques, année 2006.
 
 
Le passage
 
Je suis le passage
Et je viens te chercher
Pour un long voyage
Pour une éternité
Tous tes rêves sages
Tes maisons de poupées
Il faut les abandonner
 
Dans ta robe blanche
Tu me fais voyager
C'est toujours dimanche
Quand tu viens m'embrasser
Mes mains sur tes hanches
Le temps s'est envolé
Malgré le poids des années
 
Refrain :
 
Il faut voyager léger
Et ne rien emporter
Ce qu'il restera de nous
C'est ce qu'on a laissé
Un souvenir, une image
Des morceaux de papier...
 
Dans tes rêves sages
Les enfants sont mariés
Ils ont au village
Une maison de poupée
C'est leur héritage
Pour une éternité
Est-ce bien la vérité ?
 
Nous sommes de passage
Il faut leur avouer
C'est un des messages
Les plus lourds à porter
C'est le vrai visage
De notre destinée
Et pour ne rien regretter :
 
Il faut voyager léger...
 
Regardes les nuages
Ils ne font que passer
Ils glissent sans dommage
Sur le ciel étoilé
Et sur ton visage
La pluie qu'ils ont laissée
Dieu te l'a abandonnée
 
Il est le passage
Il viendra nous chercher
Pour un long voyage
Pour une éternité
Avec pour bagages
Ce qu'on aura donné
D'amour et d'humanité...
 
Il faut voyager léger
Et ne rien emporter
Ce qu'il restera de nous
C'est ce qu'on a laissé
Un souvenir, une image
Des morceaux de papier
De papier...
 
 
 
September 29

Que j'aime la forêt

L'envie de faire un album me prend un dimanche d'octobre 2004. Il doit être autour de 13 heures. Je suis à table avec ma femme et mes enfants, partageant le repas dominical tout en écoutant l'album de Carla Bruni : "Quelqu'un ma dit". Cet album, découvert quelques mois auparavant présente à mes yeux bien des qualités. Il y a là des textes intelligents servis par des mélodies pleines de charmes, une voix profonde soulignée par des guitares chaleureuses, une authenticité qui appelle au respect. Bref, de quoi rallumer la flamme chansonnière et guitaristique enfouie depuis plus de cinq ans sous les vicissitudes de la vie ordinaire d'un bon père de famille tranquille.

La découverte de cet album marque donc le début d'un long processus. Tout d'abord, le réveil des guitares... Celles-ci, exhumées de leurs étuis font crisser leurs cordes oxydées sous mes doigts devenus gourds et hésitants. Puis, après quelques semaines de retrouvailles, je suis en mesure d'interprèter un petit répertoire constitué de chansons de Brassens, de Ferrat, et de mes propres oeuvres. Je ne m'en prive pas, et prends l'habitude au bout de quelques temps, d'offrir un petit récital pour accompagner le pousse-café lorsque des amis viennent diner à la maison.

C'est à ces occasions que mes enfants font la connaissance de mes chansons. Ils accourent dès les premiers accords, et rapidement se mettent à retenir les paroles. Parfois, je les surprends à chanter quelques strophes, ou bien à rigoler de certains mots dont les consonances ou la signification les amusent...

Les amis, toujours bon public, découvrent ma double vie d'individu X et de chanteur lambda, et m'incitent vivement à faire connaître mes talents.

Dans ces conditions, ma première idée et plutôt testamentaire. Lorsque je prends contact,  le 24 octobre 2004, avec le Studio Micro Création, c'est avant tout dans le but de laisser à mes enfants un enregistrement de mes chansons. Je suis bien loin du concept de l'album, même si je souhaite intuitivement que le résultat prenne la forme d'un bel objet.

La machine se met en route rapidement. Après une première visite au studio, le projet prend une orientation décisive. Ce sera un album, un vrai, avec des moyens et un objectif de réalisation professionnels. Ce qui au départ me semblait relativement simple se présente désormais
comme un challenge d'une grande complexité.
 
Les angles d'attaque sont en effet nombreux. Il me faut à la fois selectionner des chansons, imaginer une pochette, un livret, établir un calendrier, trouver un infographiste.
 
Le choix des chansons et un exercice difficile. Certains titres s'imposent avec évidence. Parmis ceux-ci, figure bien entendu "Que j'aime la forêt", lequel donnera son nom à l'album. Pour d'autres, il y aura des hésitations, l'ensemble devant présenter une grande cohérence.Au final, l'album contiendra 16 titres,  dont 13 faisant déjà partie de mon répertoire. Les  trois autres seront des chansons écritent au cours de l'hiver, entre les séances d'enregistrement.
 
La première prise de son a lieu le 1er février 2005. Ecrite durant le mois de janvier, la chanson enregistrée ce jour là ne sera finalement pas mise sur l'album, car beaucoup trop personnelle. Je la garde cependant bien au fond de mon coeur :
 
Frères d'armes  
 
Refrain :
 
Nous ne sommes pas frères d'armes
Simplement frères de larmes
Et quoi qu'il puisse nous arriver
Nous serons toujours les mêmes
Rien ne change ceux qui s'aiment
Rien ne pourra nous abîmer
Toi et moi...
 
Bien sûr nos vies et nos chemins
Gravés dans le creux de nos mains
Se sont séparés dés l'enfance
Et malgré toutes nos différences
Nous sommes restés dans nos coeurs
Accrochés aux mêmes douleurs
 
Nous ne sommes pas frères d'armes...
 
J'aurais bien du m'y attendre
Aujourd'hui vient me surprendre
Le vent glacé des souvenirs
Venu effacer mon sourire
Nous n'avons pas eu de chance
Mais ça n'a pas d'importance
 
Nous ne sommes pas frères d'armes...
 
J'aimerais que tu me comprennes
Avant que la nuit ne te prennes
Nous aurions vécu des merveilles
Si tu avais mis en sommeil
Le sang qui coule dans tes veines
Rouge de colère et noir de peine...
 
Nous ne sommes pas frères d'armes...
 
Les journées de studio se succèdent jusqu'en avril 2005. Parfois seul avec l'ingénieur du son, parfois accompagné de Michel LHOMMELET au chant , aux percussions, ou au violoncelle. hormis la guitare, j'oeuvre également au métalophone (Ici la Terre) et à la guimbarde (Le murmure de l'eau). Les journées sont laborieuses, et souvent la fatigue s'installe. Je suis à la fois épuisé par les trajets, les nuits blanches passées à retoucher un texte ou des arrangements,  et le cumul de ma vie d'artiste avec une activité profesionnelle dévorante. Au plus dur de l'hiver, les écarts de températures entre le froid glacial de l'extérieur et la chaleur du studio mettent à mal le manche de ma guitare. Ma "Martin" me lâche en plein milieu de l'enregistrement d'"Ici la Terre", m'obligeant à acheter une "Seagull" en catastrophe chez le marchand d'instruments de musique du coin. Le coût astronomique de la journée de studio ne me permet pas de déroger à cette dépense. Au total, 18 sessions seront nécessaires pour enregistrer les 16 titres. Viendront ensuite d'autres journées pour le mixage et le mastering.
 
Malgré un emploi du temps surchargé, je trouve le temps de terminer la chanson écrite pour ma fille :
 
Petite Poupée
 
Petite poupée, petite poupée
Qui est venue au monde pour prendre la becquée
Et entrer dans la ronde déjà toute éveillée
Dés la première seconde, les yeux écarquillés
Déjà le premier cri, la première têtée
Comme un petit oiseau prêt à s'époumoner
 
Refrain :
 
Et c'est Papa Maman qui disent :<Ô ma merveille>
Quand tu souris aux anges qui bercent ton sommeil
Et c'est Papa Maman qui remercient le ciel
Se penchant tendrement par dessus la nacelle
En louant le printemps et les anges qui veillent
D'avoir eu pour présent une petite hirondelle
 
Petite poupée, petite poupée
Le souffle de la vie venue te réveiller
Pour voir danser les feuilles devant le soleil
C'est le vent d'Autan qui berçait ton sommeil
Ecoute sa chanson sur ton tendre oreiller
C'est le moulin du temps qui se met à tourner
 
Est c'est papa maman qui disent...
 
Petite poupée, petite poupée
Qui regarde le ciel attendant la becquée
Du fond de tes yeux bleus arrivent des nuages
Tous chargés de colère et de larmes de rage
Prète à t'époumoner pour annoncer l'orage
Quand Maman tarde un peu à montrer son visage
 
Et c'est Papa Maman qui disent...
 
Petite poupée, petite poupée
Qui est venue au monde pour prendre la becquée
Et entrer dans la ronde déjà toute éveillée
Dés la première seconde, les yeux écarquillés...
 
Un matin, en arrivant au studio, je trouve Manu, l'ingénieur du son, en présence d'un jeune lycéen venu faire un stage. La première prise de son est sastifaisante, mais il manque quelque chose pour parfaire la chanson.  Nous en discutons à trois. Il faudrait une deuxième guitare jouée à la façon d'une mandoline. Le stagiaire se propose. Il est guitariste et perçoit tout à fait ce qu'il faut faire. Bastien Fontanille (c'est son nom) fait avec moi son premier enregistrement. A 17 ans, il s'en sort comme un chef. La chanson a été écrite quelques jours auparavant. Elle s'appelle : Le joli Mai Madame.
 
Le joli Mai Madame
 
Refrain :
 
Le joli Mai Madame
Est un prince charmant
Qui distille sa flamme
Toujours élégamment
 
Il féconde la Terre
De ses giclées de lumière
Qui font jaillir les fleurs
Dans les parterres et les coeurs
 
Il met de la musique
Dans les clochettes magiques
Qui ornent les sous-bois
Et que l'on cueille parfois
 
Le joli Mai Madame...
 
Il porte dans les terres
Les fragrances de la mer
Embaume les feuillages
Et parfume les nuages
 
Il dénude les corps
Des plus belles filles du port
Habille l'océan
D'escarbilles de diamants
 
Le joli Mai Madame...
 
Il invite à la danse
Dans la grande effervescence
Que mène le carroussel
De la nature éternelle
 
Il parle de l'amour
Avec des mots de velour
Qui font tourner dans le ciel
Les étoiles et le soleil
 
Le joli Mai Madame...
 
Il exhausse les voeux
Dans les coeurs des amoureux
Habille les princesses
De serments et de promesses
 
Il inspire aux amants
Les quatrins les plus charmants
Et conjugue au féminin
Le langage des signes et des mains
 
Le joli Mai Madame...
 
Bastien interviendra ensuite sur d'autres chanson. C'est lui notamment qui assurera les solos de guitare électrique sur "Cloaquophonie".
 
Dans le même temps, je travaille à l'avancement du livret, avec un homme de l'art : Jérôme Soleil, infographiste de son état. Je lui fourni les idées d'ensemble ainsi que les photographies que je prends pour illustrer les textes. Lui, arrange tout cela, le met en valeur. Viennet aussi les tracasseries administratives, la SDRM, la SACEM...
 
L'oeuvre est bien avancée, lorsqu'un dimanche matin, vers les cinq heures, ma guitare me guide vers une nouvelle composition qui sera intégrée dans l'album. Dans le silence de l'aube naît "Le Monde est clair" :
 
Le monde est clair
 
J'étais un adolescent
Aux rêves incandescents
J'aurai du entendre le bonheur
Dans les battements de ton ceur...
Je brûlais les jours heureux
Dans l'herbe aux volutes bleues
Sur le cadran de mon visage
Passait le reflet des nuages...
 
Refrain :
 
Et dans ma tête une pendule
Escaladait un monticule
Et je savais que ses aiguilles
Etaient les talons d'une fille
Oh Oh Oh Oh ! Que le monde est clair
Quand il est à l'envers...
Un contingent de militaire
Ecoutait Charles Beaudelaire
Assise à tes pieds la police
Roulait des joints de canabis
Oh Oh Oh Oh ! Que le monde est clair
Quand il est à l'envers...
 
Allongé sur le divan
Je voyage dans le temps
Et je sens se vriller dans mon corps
Les tic-tacs de la mort
N'ayant pas su retenir
Les heures qui t'on fait partir
Je succombe à chaque seconde
D'une solitude profonde
 
Et dans ma tête une pendule...
 
J'aimerais pour un instant
Refaire la marche du temps
Et  m'accrocher au soleil d'or
Du balancier de ton corps
Allongé sur le divan
Je voyage dans le temps
Et j'entends le carillon des morts
Qui égrène mes remords
De n't'avoir pas aimé plus fort...
 
Et dans ma tête une pendule...
 
 
C'est une chanson d'amour perdu et de vie passée que j'enregistre en duo avec Béatrice de Lorenzi, une adolescente dont la voix inspirée à depuis longtemps touché mon âme. Dès les premières  prises de son le résultat est superbe. Pendant un instant, j'étudie la possibilité d'utiliser cette chanson comme titre de l'album. Elle restera finalement en quatorzième position, comme une petite perle à découvrir.
 
L'album "Que j'aime la forêt" sortira le 25 juin 2005 en 500 exemplaires.
 
 
 
 

 

 

September 25

Pour la paix et le salut du monde

Printemps 1999. De retour d'une journée de formation à Toulouse, j'écoute en voiture une émission de France Inter consacrée au Kosovo. Tandis que défilent les kilomètres d'autoroute, les mots qui sortent des hauts-parleurs me portent à la nausée... Le récit des exploits des sbires de Slobodan Milosevitch aspergent d'acide les fibres les plus profondes de mon humanité. Mon âme se révulse assaillie par des termes d'une barbarie inouïe. Les "nettoyage ethnique" , "masacres", et "charniers" frappent ma sensibilité au lance-flammes. Je suis au delà de l'écoeurement, au dessus de l'abîme...

Je m'arrête sur une aire de repos pour grifonner à la hâte les premiers couplets d'une chanson qui s'impose comme une évidence :

Ainsi est ma prière...

 
Quelques mots font une prière
Dés qu'ils ont un goût amer
Donnez nous Ô notre Père
Un peu plus d'amour sur la Terre
 
Plus d'amour et moins de misère
Moins de milices et moins de galères
Moins de disours et de grandes messes
Plus d'amour et moins de promesses
 
Refrain :
 
Ainsi est ma prière
Plus d'amour, moins de guerres
Que nos enfants soient fiers
Des actes de leurs pères
 
Ainsi est ma prière
Rebelle est chansonnière
Comme l'eau des rivières
Qui bousculent les pierres
 
Notre Père, où sont nos repères
Dans cette vie qui va de travers
Donnez nous du savoir-faire
Pour un peu d'amour sur la Terre
 
Que celui qui suivra ta route
Puisse le faire sans croiser le doute
Simplement suivre le chemin
Qui lui dit vient, qui lui dit vient
 
Ainsi est ma prière...
 
Quelques mots font une prière
Dans cette vie qui mène au désert
Donnez nous Ô notre Père
Tout cet amour qui désaltère
 
Faites que quelque chose change
Que nos prières deviennent des louanges
Donnez du fruit comme la Terre des oranges
Même si les hommes ne s'ront jamais des anges
 
Ainsi est ma prière...
 
La chanson sera terminée le soir même. puis enregistrée en 2005 sur l'album "Que j'aime le forêt", en duo avec Michel LHOMMELET.
 
Ensuite, l'envie d'écrire me passera pendant quelques années, à l'exception d'une chanson que j'écrirai pour ma fille qui naîtra en 2001. Entre temps, je fréquenterai l'université des sciences sociales  à Toulouse pour préparer un DESS en droit du travail. Une anecdote viendra se greffer dans mon esprit pour la petite histoire. Lors d'un repas entre étudiants, je ferai un petit commentaire au sujet d'une chanson de Jonny Halliday difusée dans la salle du restaurant. Je permettrai simplement  de faire remarquer que les paroles ne volent pas bien haut. Une fille me rétorquera alors qu'en matière de chanson je n'y connais rien. Des années plus tard, cette petite phrase me provoque encore quelques soubressauts dans les côtes lorsque j'en rigole... 
 
September 24

Fils d'amour

Zéro heure et quarante cinq minutes le 26 mai 1998. J'attends cet instant depuis une éternité. A 38 ans, je vais être père. Il m'aura fallu auparavant me structurer, me mettre en état de fonder une famille... Celà aura demandé du temps, quelques années de travail sur moi-même pour pour aboutir à ce rendez-vous. Celui que J'attends n'est pas pressé. Presque 48 heures vont s'être écoulées depuis qu'il a envoyé les premiers signaux pour son accostage. Je suis à la fois tendu et inquiet. La mère fait le gros ventre. La forte houle qui l'anime fait cliqueter les sructures de la table d'accouchement. Les poussées qu'elle envoie sont comme des vagues qui se brisent sur les socles durs des étriers. Les longues plaintes se succèdent en rafales comme des chants de baleines emportés par le souffle puissant d'une tempête. Dans cette lutte des éléments qui remonte à la nuit des temps, tous le monde est sur le pont. Cramponné d'une main à l'une des barrières latérales de la table, comme à un bastingage, j'accompagne de l'autre le flux qui pousse vers la lumière salvatrice.
 
Alors que nous nous battons de conserve, La sage-femme lance soudain un cri de victoire : <Il arrive !...>. Un dernier effort et tout à coups, porté par une déferlante "il" sort de la passe, comme un nageur épuisé que l'on hisse sur le bord.
 
Lorsqu'on le pose sur le ventre de la maman, il est encore tout mouillé. Il redresse sa tête et pose deux petits yeux étonnés sur nos visages côtes à côtes.
 
Cette fois, c'est moi qui me noie. Les larmes me submergent, je suis emporté par la violence de l'émotion...
 
Lorsque l'on t'a fait
 
Lorsque l'on t'a fait ta mère et moi
On ne pensait pas que ce jour là
On donn'rait naissance à un petit bout d'amour
Frais comme le matin et aussi beau que le jour
 
On ne savait pas ta mère et moi
On ne savait pas en ce temps là
Que trois petites pommes qui se tiennent bout à bout
Font un petit homme qui un jour se tient debout
 
On se doutait bien qu'un beau matin
Tu viendrais comme un petit marin
Tout ruisselant d'eau pour accoster sur la terre
Porté par les flots dans le ventre de ta mère
 
Sur ma joue une larme a roulé
De voir ton grand regard étonné
Etonné de voir que tu étais arrivé
Après une si longue traversée
 
Le chemin que tu as emprunté
Avant toi j'm'y suis aventuré
Je l'connais par coeur, j'en connais tous les contours
Petit tu as pris le chemin de l'amour
 
Petit un jour tu quitt'ras le port
Pour aller chercher l'Ile au Trésor
Je serai j'espère le plus sûr de tes repères
Toi qui t'es perdu loin du ventre de ta mère
 
Lorsque l'on t'a fait ta mère et moi
On s'est aimé si fort que crois moi
Les vents qui t'escortent se rappelleront toujours
Petit que tu es un enfant de l'amour...
 
 
NB : Chanson enregistrée en 2005 sur l'album "Que j'aime la forêt"
 
 
 
 
 
September 20

Rencontre dans un grenier

C'est la petite histoire d'une rencontre survenue dans un grenier un dimanche du mois de décembre 1994. Je suis alors en visite chez un proche qui vient de prendre possesion d'une maison de ville, à Auch, dans le Gers.

Dehors il fait froid. Après m'avoir réchauffé par un bon repas, mes hôtes m'invitent a découvrir dans les combles un trésor oublié. Là, au terme d'un escalier de bois, entre tuiles et plancher, un rayon de lumière tombant  d'une lucarne éclaire faiblement un amoncellement  de vieilles caisses et de vieux cartons.

Leur ouverture nous projette immédiatement dans le passé. Il y a là  de vieux uniformes aux couleurs des colonies, des objets africains provenant de quelques tribues ancestrales, des livres reliés de cuir, des  bobines de films dans leurs boites rondes en métal. Ailleurs nous trouvons des collections de timbres, puis des jouets anciens... Le carton que j'explore contient des livres d'enfants, des soldats de plombs. Mon emerveillement va crescendo. Soudain, la trouvaille. Celle que je n'attendais pas, celle qui m'émeut au plus haut point. Je tiens dans mes mains un petit ourson au pelage tout clair, de couleur crème. Il est tout mignon. Sous mes doigts engourdis, j'entends crisser son petit ventre de paille. Sa frimousse tendre et malicieuse me fait craquer...

Je le serre contre moi, ne le lâche plus. Le soir venu, je l'emporterai, pour toujours. Aujourd'hui, alors même que j'écris ces lignes, il là, posé a côté de moi. Lorsque je chante devant un public d'enfants, il m'accompagne.

Souvent je m'interroge à son sujet. Lui que l'on a abandonné dans un carton, un jour... Parfois je rêve de connaître son histoire, de pouvoir le rendre un jour au petit garçon qui était son compagnon et le tenait pour confident de ses chagrins les plus secrets.

C'est tout cela que j'ai voulu raconter en écrivant sa chanson :

 
Dans le grenier de ma maison
 
Ding ! Dong ! Ding Dong !
Dans le grenier de ma maison
Ding ! Dong ! Ding ! Dong !
Il y a une malle et des cartons
 
J'y ai trouvé un p'tit ourson
Rembourré de paille et de son
Que j'aille en enfer si je mens
Mais je vous jure qu'il est vivant
J'ai entendu tout contre moi
Le son de sa petite voix :
 
Ding ! Dong ! Ding ! Dong !
J'étais l'ami d'un p'tit garçon
Ding ! Dong !Ding ! Dong !
Qu'est ce qu'on s'ennuie dans un carton
 
J'attends depuis tellement d'années
Que quelqu'un vienne me délivrer
Emmènes moi dans le séjour
Je veux voir la vie et le jour
Je veux voir l'arbre de Noël
Et même le camion des poubelles
 
Ding ! Dong ! Ding Dong !
Dans le grenier de ma maison
Ding ! Dong ! Ding ! Dong !
Il y a une malle et des cartons
 
On a joué dans le couloir
Aux billes et aux dés jusqu'au soir
J'ai pas eu l'coeur de le ram'ner
Passer la nuit dans le grenier
Alors je l'ai pris dans mon lit
Et tous les deux qu'est ce qu'on a ri
 
Ding ! Dong ! Ding ! Dong !
Dans le grenier de ma maison
Ding ! Dong ! Ding ! Dong !
Il y a une malle et un ourson...
 
"Dans le grenier de ma maison" sera enregistré en 2005, sur l'album "Que j'aime la forêt", en duo avec Béatrice de LORENZI.
 
September 19

Nés sous X

Né sous X : voir vidéo ci-dessus et le billet du 17 septembre 2006.

Valérie, la muse (suite)

"Laisser rentrer le Soleil" est la seconde chanson que je dois à Valérie. Je l'ai écrite dans la nuit, de retour d'une journée passée ensemble à Lacanau. Nous étions alors sur la plage, étendus face à la mer. Contre toute attente, je n'étais pas bien. Valérie s'était alors tournée vers moi en me disant :<Fermes les yeux et écoutes moi. penses à ce ciel si bleu et abandonnes toi. Laisses rentrer le soleil, à travers tes paupières. Faits le passer dans ta tête...>.
 
Laisser rentrer le soleil
 
J'aimerais tellement un jour
Laisser rentrer le soleil
Cet astre qui toujours
Nous émerveille
En y croyant très fort
Le faire passer dans ma tête
Quitter le pays des morts
Pour faire la fête
 
Car vois tu le soleil
Qui est là-haut
Te murmure à l'oreille
Ce qui est beau
Depuis que je l'ai vu
Te courtiser sur la plage
Eclairer par sa venue
D'un beau sourire ton visage
 
J'aimerais tellement un jour
Laisser rentrer le soleil
Etre une fleur d'amour
Pleine d'abeilles
Sans faire le moindre effort
Pour accepter qui je suis
Le laisser butiner mon corps
Et mon esprit
 
Car vois tu le soleil
Qui est là-haut
A décoré le miel de ta peau
Il a su te reconnaître
Et aller avec raison
Eclairer ta fenêtre
Et ignorer ma prison
 
J'aimerais tellement un jour
Laisser rentrer le soleil
Et être pout toujours
A toi pareil
Savoir enfin partager
Sans connaître la souffrance
Dans la chaleur de l'amitié
Et la lumière de l'espérance...
 
"Laisser renter le soleil" est ma réponse à Valérie. Puisse t'elle un jour l'entendre. Le rythme est très rapide et joyeux. Pendant son enregistrement, lors des sessions de "Que j'aime la forêt", j'ai demandé à l'ingénieur du son qu'il pousse les aigus. Sur l'album, la guitare est scintillante...
 
En septembre 1995, j'ai vécu le départ de Valérie comme un chant du cygne. Le soleil éclipsé à laissé pour un temps la place à la pluie :
 
Le chant de la pluie
 
A force de t'attendre
Dans le silence de la nuit
Je finirai par comprendre
Ce qu'est le chant de la pluie
C'est une triste complainte
Dans un mouchoir noué
Qui reçoit la douce plainte
De ton prénom murmuré
 
C'est alors le chant d'un oiseau
Qui si haut qu'il semble aller
Reste au niveau des roseaux
Parce que son aile est brisée 
C'est l'eau triste des rigoles
Qui s'en va au caniveau
C'est une histoire un peu folle
Qui fait qu'on a le coeur gros
 
Elle s'en va la vie
Celle que tu es, celle que tu dis
Elle s'en va la vie
Dans ton départ elle te suit
 
Que sais tu du temps qui court
Comme un grand cavalier blême
Qui ne connait ni l'amour
Ni la douleur des poèmes
Que sais tu de ce bruit sourd
Quand cogne le coeur lézardé
Comme un mur, au rytme lourd
Des pas d'un soldat désarmé
 
Vois tu, c'est un déshéritage
Que cette porte refermée
Sur toi, sur ton passage
Dans un ciel gris et désolé
Qui saurait alors me surprendre
Sinon l'obscurité venue
M'annihiler et me reprendre
La joie fugace de t'avoir vue
 
Elle s'en va la vie
Celle que tu es, celle que tu dis
Elle s'en va la vie
Dans ton départ elle te suit
 
A force de souffrir
A chacun de tes départs
Je me finirai par me détruire
Par ne plus être, tôt ou tard
Sans toi le monde est un silence
De toutes mes larmes j'ai compris
Par la douleur de ton absence
Ce qu'est le chant de la pluie...
 
Elle s'en va la vie...
 
 
 
 
 

Valérie, la muse...

Je rencontre Valérie un soir d'avril 1994. Le samedi 29 exactement. Je me souviens de cette date car nous fêtions ce jour là l'anniversaire d'une connaissance commune. Je suis d'abord attiré, puis envouté. Attiré parce que Valérie est belle. Les trait fins, se mouvant avec une grâce indiscible...Je l'assimile d'entrée à une princesse bèrbère, peut être à cause de son teint un peu mate, de ses yeux sombres, de ce regard si particulier qui me transperce. Envouté parce qu'elle parle avec une grande intelligence du monde qui nous entoure, des sentiments qui nous traversent, de la vie qui nous emporte.

Nous parlons ensemble toute la soirée, puis toute la nuit, dans le vacarme étourdissant d'une discothèque où notre groupe est venu s'échouer. Valérie a 22 ans, elle vient de terminer ses études et s'apprète à enseigner l'histoire et la géographie. Nous nous quittons au petit matin, à l'aube d'une amitié extraordinaire. Notre histoire se terminera un jour de septembre 1995 lorsqu'elle fera ses bagages pour des contrées loitaines, par dela les océans et les mers. Entre temps, elle sera devenue ma muse, inspiratrice de trois chansons qui viendront orner mon repertoire.

Parmis celles-ci, figure "Partout où j'irai". Cette chanson sera composée en plusieurs étapes. Les premiers vers, ainsi que la musique des couplets seront écrits vers la fin de l'année 1994, au moment où je prendrai conscience que par delà les années futures , je resterai à jamais marqué par son empreinte... Je ferai quelques ajouts plus tards, lors d'une escale au large de la Corse. La touche finale sera apportée en avril 2006.

 
Partout où j'irai
 
C'est une princesse bèrbère
Aux yeux noirs, à la peau claire
Qui attire dans sa lumière
Les papillons des réverbères
 
Elle a dessiné l'espace
D'un geste de la main
Arabesque fugace
Qui a scellé mon destin
 
Refrain :
 
Partout où j'irai
N'importe quel pays du monde
A chaque heure chaque seconde
Je la chercherai
 
Là où je vivrai
Sous le soleil où dans la lune
Je la chercherai
 
Et on s'aimera tous les deux
On s'aimera, amoureux
On s'aimera, dans le ciel bleu
 
Dans les arcanes sybilinnes
Tombées d'un tarot de Marseille
J'ai vu la femme bysantine
Se cacher derrière le soleil
 
J'ai brûlé ma roue de fortune
Dans tous les feux de la Saint Jean
Rêvant d'être un croissant de lune
Pendu à sa chaine d'argent
 
Partout où j'irai...
 
J'aurais pu planter mon drapeau
Jusqu'aux sommets de ses collines
Et sentir l'ambre de sa peau
Et me posant sur sa poitrine
 
Si j'avais su prendre sa main
Et lui montrer dans un murmure
Que pour elle j'étais le chemin
Dont parle la bonne aventure
 
Partout où j'irai...
 
Dans un cimetierre oublié
Au large de l'Ile de Beauté
Face à la mer, sur un rocher
J'ai demandé au vents salés
 
Que quel que soit l'homme qui la touche
Pendant toutes ces mortes années
Elle puisse garder pour ma bouche
Son goût de Méditerranée...
 
Partout où j'irai...
 
A suivre...
 
 
September 17

Nés sous X

Aujourd'hui, j'ai décidé de faire une petite pause dans le récit historique de mes pérégrinations musicales. En effet, il me tarde d'en venir au présent et de pouvoir alimenter ce blog par des "news". Une petite pause donc, pour vous présenter une chanson écrite dernièrement et destinée peut être à un prochain album. Je dis "peut être", car les chansons sont prètes. Mais, "Que j'aime la fôret" reste dans les cartons. Je sais pourtant que cet album a un public. Le plus difficile est de l'atteindre. C'est comme ça, oui... Pour être connu, il faut passer à la radio, et pour passer à la radio, il faut être connu... Véridique ! On me dit souvent "Que j'aime la forêt est un très bel album, mais on ne peut rien pour vous parce que vous n'êtes pas connu... Vous qui me lisez, vous que mes textes ne laissent pas insensibles, vous pouvez m'être d'une aide considérable.... D'avance, un grand merci à tous ceux qui aideront à faire connaître mes chansons.

Nés sous X, est une chanson récente. Je l'aime beaucoups parce que le combat que mènent les personnes nées sous X pour tenter de connaitre leurs origines m'émeut profondément. J'ai donc un immense plaisir à vous la présenter, en live, chez moi, sans artifices et en toute intimité :

Né sous X

En toute innocence
Débutent nos existences
Par un cri de cristal
Dans un monde brutal
Un acte de naissance
Dans la douce violence
Et le vide sidéral
Du déni parental
 
Tournés vers le ciel
Du monde originel
On cherche dans l'abîme
Le féminin sublime
La douceur éternelle
Du ventre maternelle
La présence physique
De parents biologiques
 
Refrain :
 
Nés sous X
Le bonheur est une idée fixe
Trouver la clé qui nous fascine
Le secret de nos origines
Si nous sommes des enfants de l'amour
Il faudra bien qu'on nous dise un jour
Où et le Père ? Où est la Mère ?
De quel mystère, on les entoure
On les entoure
 
On grandi sans savoir
Où débute notre histoire
De quel instant fragile
Vient notre état civil
Qui détient le pouvoir
De rendre la mémoire
Aux lettres anonymes
De notre patronyme
 
On manque de repères
Pour vivre sur la terre
De paroles qui rassurent
Pour soigner nos blessures
On cherche dans l'absence
Ce lien d'appartenance
Que perdent les personnes
Quand on les abandonne
 
Nés sous X...
 
Malgré notre soufrance
Et la loi du silence
On crie notre tendresse
Aux femmes qui nous blessent
A ces mères de l'ombre
Que la grossesse encombre
Et qui donnent la vie
Sans en avoir envie
 
Et si dans l'univers
Dieu n'était pas le Père
Si on l'avait doté
D'une fausse indentité
Il nous faudrait prier
Pour que l'humanité
Si féconde et prolixe
Ne soit pas née sous X
 
Nés sous X...
 
 
September 15

ANPE

ANPE est un blues enlevé. C'est aussi une chanson qui me vaut bien des critiques et c'est pour pouvoir m'expliquer que je lui consacre un billet spécial. On lui reproche d'être vulgaire. Tant mieux ! D'ailleurs, elle n'est pas vulgaire. Je pense simplement qu'elle est crue, à l'image de la société qu'elle décrit. Et c'est peut être là que le bas me blesse le plus. ANPE retrace une expérience vécue. Je n'ai en aucun cas voulu me moquer des demandeurs d'emploi. Je l'ai été sufisamment moi même pour pouvoir leur dire aujourd'hui que leur situation est loin de m'être indifférente.
 
J'ai écris cette chanson lorsque j'étais au chômage. Oui, dans les locaux de l'ANPE j'ai croisé des personnes qui sentaient le tabac froid et l'alcool. Oui, j'y ai vu des gens paumés, des punks, des piercés, des gens fatigués, n'ayant aucune chance de séduire un quelconque employeur. Avais-je le devoir de me taire ? La dérision n'empêche pas de comprendre la souffrance. J'ai vu aussi d'autres personnes allant s'enfermer dans leurs bureaux d'un pas léger, un café à la main, toisant la misère des autres d'un air sufissant. Ce n'est pas à ceux-là que j'adresse mon méa-culpa, si tant soit peu que je doive le faire. ANPE dénonce un système, dresse un état des lieux à une époque donnée. Si depuis les choses ont changées, tant mieux ! Heureusement, lorsque je l'interprète, il y a encore des personnes qui rient de bon coeur : celles qui savent encore faire la différence entre le premier et le second degré...
 
ANPE
 
Ca fait deux ans qu'j'suis au chômdu
Les voisins m'traitent de trou du cul
Je sais ma vie elle est pas chouette
Et quand je raconte mes boulettes
Y'en a qui rient, y'en a qui pètent
Ca dépend d'leur vie, d'leur vécu
De leur niveau socio-cul
 
Ca fait deux ans qu'j'suis dans le rouge
A la recherche d'un patron
Mais quand j'picole plus rien ne bouge
Hormis le cul de mon litron
Heureusement, consolation
Y'm'reste cette p'tite chanson :
 
ANPE, donnes moi du feu
Toi l'ASSEDIC, files moi du fric
Ca m'file le blues
Route de Toulouse...
 
Au bureau des offres d'emploi
Ca sent la gerbe, le tabac froid
On croise dans cet endoit pourrave
Tout un tas de têtes de naves
Ils ont l'air sales et fatigués
A l'image de not' société
 
Quand au vu d'mon curriculum
Et d'mes lettres d'motivation
Le placier avale son chewing-gum
Et me r'garde avec compassion
Je lui balance en bon fumiste
Mon peit couplet RMiste :
 
ANPE...
 
Pour manifester ma détresse
J'finirai par bouger mes fesses
Avec un p'tit boulot au noir
Un jour j'me paierai une guitare
Et j'irai battre le trottoir
Même s'ils me traitent de trou du cul
Les voisins m'verront dans la rue
 
Seule alternative au Prozac
J'me mettrai à vider mon sac
Mais j'me fais pas trop d'illusions
Y'a peu d'chance que les grands patrons
M'invitent à la télévision
Pour y chanter ma p'tite chanson :
 
ANPE...
 

De nouveau la chanson

A partir de 1994, je ressens le besoin d'écrire de nouvelles chansons. En douceur tout d'abord, puis avec une passion dévorante. Le déclic se produit  lors d'une visite chez un couple de petit vieux. Au cours des quelques heures passées en leur compagnie, ils me livrent les plus belles pages de leur histoire. Pathétiques, ils illustrent leurs récits de quelques photographies extraites d'une vielle boite à chaussures ouverte pour l'occasion sur la table de la cuisine. C'est leur trésor. Lorsque je les quitte, j'emporte avec moi l'image paisible de deux vies dont les flammes paisibles vacillent doucement dans la pénombre du soir. J'en ressents une certaine émotion. Celle là même qui libère l'intuition créative :
 
Ils sont deux
 
Ils sont deux
Deux tout petits vieux
Qui sommeillent devant l'âtre qui meurt
 
Il est tard déjà
Et personne ne viendra
Il est tard déjà
Les enfants ne viendront pas
 
 
Ils ne disent rien
Ils se connaissent si bien
Depuis tant d'années passées à se câliner
Ils savent l'éloge
Qu'ils font à la grande horloge
Qui tourne à l'envers
Sur l'écran de leurs paupières
 
Ils ont à leurs pieds
Leurs photos de mariés
Cest toute leur vie
Ces quelques clichés jaunis
Qu'il voulaient revoir
En vidant la grande armoire
Où dort le passé
D'une existence achevée
 
Ils sont deux....
 
Les braises qui rougoient
Ne retiennent plus le froid
Qui suinte des pierres
Dans le silence de l'hiver
Leurs âmes en partance
Font une dernière fois
Des ombres qui dansent
Sur le parquet de guingois
 
Ils sont deux...
 
C'est l'un contre l'autre
Qu'on les retrouvera
Comme deux brins d'épeautre
Enlacés comme autrefois
Sans crainte ni douleur
La terre les acceptera
Car le grain qui meurt
A nouveau il germera
 
Ils sont deux
Deux tout petits vieux
Qui sommeillent devant l'âtre qui meurt
 
Il est tard déjà
Et personne ne viendra
Il est tard déjà
Mais les enfants seront là...
 
 
Un jour, je croise dans la rue des personnes qui me reconnaissent pour m'avoir écouté chanté lors de la première partie du spectacle de Michel VIVOUX. Leur fille veut se lancer dans la chanson. Il m'explique qu'elle vient d'obtenir une audition auprès d'un studio d'enregistrement parisien, et qu'elle est en recherche d'un auteur compositeur. Ils me demandent de bien vouloir la rencontrer.
 
Rendez-vous est pris. Véronique (c'est son prénom) me fait part de ses attentes. Elle souhaite que je lui écrive une chanson. Le style ? Mylène FARMER... je suis très loin de cet univers, mais j'accepte de relever le défi. Libre choix m'est laissé pour le thème, pourvu que ce soit
beau, un peu sulfureux, mais sans trop... Je la laisse repartir et la rappelle quelques semaines plus tard. La chanson est prête :
 
Fille de la mer
 
Je ne suis pas toujours très sage
J'ai parfois le coeur en voyage
Au large d'une grève oubliée
Où la nuit m'aurait emportée
Je rêve d'une plage immense
Peuplée d'oiseaux et de silences
Où les enfants viendraient danser
Au rytme étrange des marées
 
Refrain :
 
Je suis fille de la mer
Dans un monde éphémère
Quand ma raison se perd
Au coeur de l'univers
Dans un rêve fragile
Devant l'éternité
Comme un enfant qui danse
Au rythme des marées
 
Quand étendu comme un drap bleu
Le ciel offrirait à mes yeux
Un lit de sable et d'horizon
Dans le songe et la déraison
Je serais nue face à le mer
Ennivrée de parfums pervers
Offrant mon corps comme un écueil
Aux vents puissants gonflés d'orgueil
 
Je suis fille de la mer...
 
Je rêve d'un naufrage insensé
Dans l'eau venue m'ensorceller
Quand la vague déploie ses rouleaux
Comme un soleil noir sur ma peau
Mais quand le soir descend la brume
Sur le rivage bordé d'écume
Je sents les forces de la mer
Qui cognent aux portes de l'enfer
 
Je suis fille de la mer...
 
Quand dans un tapage incessant
La mer exalte ses tourments
Les oiseaux fuient vers le soleil
Où s'en va mourir mon sommeil
J'ai dans la chair cette mouvance
Des flots qui déferlent en cadence
Et repartent vers les profondeurs
Dans un fracas venu d'ailleurs...
 
Je suis fille de la mer...
 
La musique colle aux paroles. Ecrite à la guitare électrique et au synthé. Véronique repart enthousiasmée. Je ne la reverrai que des années plus tard, caissière dans un supermarché. Comme les flots dans la chanson, ses rêves sont repartis vers les profondeurs...
 
Dommage, je crois que j'aurai bien aimé aussi écrire pour les autres.
 
Je m'offre un petit interlude avec une courte chansonette qui tourne comme une ritournelle :
 
Elle
 
Elle, mon bel amour impossible
Elle, mon rêve d'ange inaccessible
 
Elle, elle a des yeux verts comme la mer
Des yeux qui font craquer l'hiver
Des yeux de feuillage et de lierre
 
Elle, ma douce fée, mon idéal
Ma source claire et mon cristal
 
Elle, elle a des jambes jusqu'a la nuit
Des jambes qui montent à l'infini
Et se rejoignent au paradis
 
Elle, mon rêve d'enfant de tout petit
Elle, mon cheval blanc ma galaxie
 
Elle, elle a des allures d'écuyère
Mais le plus noble et le plus fier
Sont ses cheveux brune crinière
 
Elle, mon bel amour impossible
Elle, mon rêve d'ange inaccessible
 
Et je suis comme un oiseau sans ailes
Comme un oiseau sans ailes
Sans elle...
 
Un jour, alors que j'apprivoise le synthé, une suite d'accords tombe comme une mélodie cosmique. J'en profite pour régler mes comptes une fois de plus :
 
Ici la terre
 
Allô, allô, allô, allô ici la terre
Ce message de détresse s'adresse à l'univers
A tous ceux qui gravitent dans les années lumières
Au delà des orbites de Mars et Jupiter
 
Couché sur le gazon d'un parc centenaire
Un tout petit garçon par une nuit d'hiver
Découvre dans le ciel d'étranges paysages
Là où la lune pleine déchire les nuages
 
Il voit dans les étoiles des chevaux symboliques
Les sabots de Pégase et ses naseaux cosmiques
Dont l'éclat onirique dépasse en fantastique
L'univers galactique des fusées en plastiques
 
Il a des tas de soeurs et des milliers de frères
Dans cet orphelinat dont les barreaux de fer
Abritent aussi sa mère, une vierge aux seins de pierre
Inaccessiblement maitresse de l'univers
 
Allô, allô, allô, allô ici la terre
Couché sur la gazon d'un parc centenaire
Un tout petit garcon par une nuit d'hiver
A quitté son manteau et fermé ses paupières
 
Il est parti là-haut pour rejoindre sa mère
Cette femme mythique dont la statut de pierre
A le coeur en exergue et les yeux qui se voilent
Là où l'imaginaire fait tinter les étoiles...
 
En ce temps là, j'écoute beaucoup Léo Ferré. Je suis captivé par la beauté des textes et la dimension sociale du propos. Parmis mes maitres à penser, il y a aussi François Béranger. Le vent de révolte qui souflle dans ses chansons et le cynisme des textes me laissent une empreinte profonde. Mes compositions prennent une tournure engagée :
 
SDF 
 
Voici deux jours qu'il est arrivé dans la ville
Un mauvais genre de vas-nus-pieds qui n'a ni dieu, ni domicile
Seul'ment le crassier de l'errance où s'affiche avec arrogance
Le souci de la providence
 
Il a posé son regard noir sur le manteau gris du trottoir
Un sac à dos pour s'appuyer et des guenilles qui font pitié
Voici deux jours qu'il fait la manche sur le boul'vard
Pour s'ach'ter du pinard
 
Refrain :
 
SDF dans la ville
SDF, c'est facile
Pour un litre de vin
Suffit d'tendre la main
 
SDF, vie facile
Se disent les imbéciles
Et les p'tits pères tranquiles
 
SDF dans la ville
Dans l'ombre se profile
Ce cynique anathème :
SDF post-mortem...
 
Depuis deux mois Yves Martin est sans travail
Il remplissait des fours à pain à la lueur d'un soupirail
On l'a remercier comme un chien, mis sur la paille
Quand vint la fin du bail
 
Des lors la route à déroulé ses kilomètres de bitûme
Dans la fumée des cigarettes et les faubourgs pris dans la brume
Où dorment les cités muettes quand la rue mène aux oubliettes
Sans tambour ni trompettes
 
SDF dans la ville...
 
Depuis deux jours qu'il est arrivé dans la ville
Un écriteau bien inutile s'adresse aux passants qui défilent
Et quelques pièces dans un béret sont là pour dire à cet effet
Merci et s'il vous plaît
 
Mais ceux qui passent sur le boul'vard ne donnent rien
Et s'ils jettent parfois un regard c'est pour s'assurer que le chien
Assis à côté du clochard se porte bien, et si c'est marre
Ils repartent peinards
 
SDF dans la ville...
 
Depuis deux jours Yves Martin n'a plus d'espoir
Le sud où menait son chemin lui avait laissé croire
A la bonté providentielle de ceux qui recoivent du ciel
Le soleil et son miel
 
L'âme rongée de solitude et de déveine
Armé d'un tesson de bouteille un soir il s'ouvrira les veines
Mettant fin à sa transhumance dans la plus grande indiférence
Du bon peuple de France
 
SDF dans la ville
Dans l'ombre se profile
Cet unique anathème
SDF post-mortem...
 
 
 
 
 
 

Le retour à l'écriture (suite)

Le malaise qui m'envahit depuis mon retour d'Allemagne ne cesse de prendre de l'importance. Dans le courant de l'année 1992, mon moi profond est si lézardé que je m'écroule comme une barre d'immeuble que l'on vient de dynamiter. La secousse est violente. A 32 ans j'ai l'impression d'avoir traversé des millénaires et le sentiment d'être au soir de ma vie. Je ne suis plus capable de travailler. Plus en mesure de me projeter dans l'avenir. Juste conscient du gouffre qui m'aspire et de la nausée qui me submerge.
 
Je me cramponne à ma machine à écrire. Des mois durant, pour ne pas sombrer, je noircis les pages de la noirceur qui m'habite. Au final, cela donne un livre. Un livre dont je suis l'auteur et l'unique destinataire. Un livre qui raconte tout. Tout ce que je n'ai jamais dit...  A personne... J'en ressorts détruit, mais en ayant tué tous mes démons. Commence alors la reconstruction. Après le poison vient l'antidote. Mon livre à peine achevé, j'écris une pièce de théatre. Drôle, très drôle. Je ris comme un fou de mes jeux de mots et de mes trouvailles, des aventures joyeuses que je prête à mes personnages...
 
Plus tard, le calme viendra, comme une renaissance. Pour le moment, j'oscille encore entre révolte et  attendrissement, violence et douceur, colère et tendresse. Cette période me ramènera à la chanson après un long prélude poétique bercé par la houle chaotique de mes états d'âmes.
 
Le Maître des couleurs
 
Si j'étais maître des couleurs
Assis devant un chevalet
Je n'esquisserais pas des fleurs
Mais ferais mon auto portrait
 
Il n'y auraient sur ma palette
Aucunes nuances de l'arc en ciel
Qui vont de la rose aux violettes
Ni de douceurs au goût de miel
 
Je ne tremperais mon pinceau
Que dans la braise et le charbon
Pour que l'aspect de mon tableau
Soit le reflet de mes passions
 
Sur une toile d'un blanc d'ivoire
Je ferais des tâches bicolores
N'usant que du rouge et du noir
Pour dire ma haine et mes remords
 
Ce serait une oeuvre guerrière
Une écorchure dont le sang
Aurait éclaboussé les pierres
De lave figée des volcans
 
Je verrai ainsi mon miroir
Avec le rouge de la colère
Et le symbole du désespoir :
Le noir dessein de la misère...
 
Parfois, je cesse de me regarder dans le miroir. Dans l'ailleur, il y le continent africain. Je n'ai jamais voyagé dans ces contrées lointaines, mais elles sont présentes dans mon imaginaire. Je nourris un sentiments profond d'identification à cette région du globe. Je hais le rascisme, et la situation desespérante des peuples noirs m'émeut viscéralement. Celà donne naissance à un poème que je mettrais en musique des années plus tard, en mai 2006 à l'occasion d'un concert que je donnerai au profit d'une oeuvre humanitaire :
 
Africa
 
Toi l'africain mon frère, mon ancêtre lointain
Tu n'a d'autres horizons qu'une immense noirceur
Car telle est la couleur de cette peau de chagrin
Qui recouvre ta chair est fait battre ton coeur
 
Je ne sais que répondre aux regards effarés
De tes enfants qui crèvent d'une famine immonde
Pour payer la rançon d'un continent pillé
Qui devient en retour la poubelle du monde
 
Refrain :
 
Afrique, oh Africa, tu danses malgré toi
Habillant ta douleur d'un masque de couleurs
Afrique, oh Africa, qu'est ce qu'on a fait de toi
Tu confies tes malheurs aux gris-gris du bonheur
 
Toi l'africain mon frère, au ventre sidéen
Tu parcours à pieds nus une terre épuisée
Par des années de guerre et les européens
Venus jadis en nombre pour la coloniser
 
On a pompé le sang de ton sol millénaire
Asséchant dans le sud, et à ton détriment
Mais aussi dans le nord, pour des blancs mercenaires
Tes champs pétrolifères et tes mines de diamants
 
Afrique, oh Africa....
 
Et que dire de tes frères qui partirent enchainés
Embarqués sur les mers pour de lointains rivages
En quittant à jamais le golf de Guinée
Avec pour horizon un odieux esclavage
 
Je dirai simplement que sous l'humiliation
De riches américains les roulant dans la vase
Ils ont su rester dignes dans les champs de coton
Et prouver leur valeur en inventant le jazz
 
Afrique, oh Africa...
 
Alors dis moi pourquoi, toi le fils de Lucy
Tu laisses encore tes peuples au service des pillards
J'ai du mal à comprendre pourquoi ta léthargie
Face à tous ces vautours qui guette ton ivoire
 
Laisseras tu longtemps ta faune éléphantesque
Et tes forêts pluviales aux essences si rares
Ce faire décimées pour la raison grotesque
De troquer ton salut contre quelques dollars
 
Afrique, oh Africa...
 
Quand je pense aux Massaïs, ces guerriers émérites
Dont les femmes amazones savaient prendre leur dû
Et que tu restes là, poussière de latérite
Sur une terre stérile, prostré et éperdu
 
Ne sachant faire la guerre que pour t'entretuer
J'ai envie de te dire que pour briser la faim
Tu devrais traverser la méditerranée
Et venir, pourquoi pas, attaquer nos moulins
 
Afrique, oh Africa...
 
Toi l'africain mon frère, qu'on rejette à la mer
Il te reste un trésor que l'on vénère encore
Ce rythme viscéral qui fait trembler la terre
Du royaume des morts pour conjurer le sort
 
Quand j'entends tes tambours qui apellent au secours
Dans cette jungle urbaine où j'ai mis mon confort
Leurs figures sonores sont comme des mots d'amour
Qui voyagent dans ma tête et font bouger mon corps
 
Afrique, oh Africa, tu danses malgré toi
Habillant tes douleurs d'un masque de couleurs
Afrique, oh Africa, qu'est ce qu'on a fait de toi
Tu confies tes malheurs aux gris-gris du bonheur...
 
D'autres fois, au gré de mes promenades, je glanes des impressions heureuses. Dans la nature notamment,  maitresse fidèle, source d'éternels éblouissements :
 
Hymne à la nature
 
Que ce soit le matin
Dans l'aube de chaque jour
Où dans le soir serein
Si propice à l'amour
Que la nature est belle
Dans sa virginité
Joyaux où étincelle
La lumière azurée
 
Quand se lève le solieil
Sur des flots de verdure
Sa splendeur émerveille
Multiples créatures
Toute la flore exhale
L'arôme de ses essences
Dans la forêt primale
Berceau de quintessence
 
Chaque herbe offre un asile
Aux insectes éphèmères
Cette faune gracile
Et pourtant si prospère
La rose déboutonnée
Va bien offrir son coeur
Aux cétoines dorés
Auxquels elle rend honneur
 
Tous ces coléoptères
S'en vont avec délice
Embrasser ses anthères
Et orner son calice
Qui ne succomberait pas
Aux reflets métalliques
Des élythres où flamboie
La beauté mirifique...
 
Mon univers se peuple aussi de rencontres passées, de souvenirs d'adolescence où la quête de l'amour se perd dans celle d'un idéal :
 
Sans toi
 
Le ciel s'était poudré d'étoiles
Qu'une nuit glacée d'hiver dévoile
La rivière, apaisée, très doucement,
brodait son lit de leur scintillement
Solitaire et tardif, un voyageur éperdu
Qui ? et pourquoi ? Te cherchait dans les nues
 
Comme amoureuses, ses lèvres sans cesse
Murmuraient des prénoms de princesses
Aux intonations célestes et antiques
Qui l'ennivrait comme une musique
Chaque note était un joyaux d'une partition
Sublime et boréale : les constellations
 
Janvier s'étiolait, et la Polaire,
Se pâmait au coeur de l'hiver
C'est alors qu'il te vis, dans ton écrin stellaire
Pauvre magicien, car j'allais solitaire
Sur ce chemin de pierres gelées
Sans toi, ma princesse, ma douce Cassiopée...
 
Cette quête d'idéal, inassouvie,  venait renforcer mes doutes sur la capacité humaine  à avoir pu un jour accèder à un hypothétique paradis terrestre :
 
Pomme d'Adam
 
Pauvre Adam, pauvre pomme
Tu fus le plus naïf des hommes
Car déjà dans les écritures
On trouve la fange et la pourriture
 
Et oui, pauvre pomme d'adam
Pendant que tu courtisais ta belle
Tu n'avais pas vu que Satan
Etait là, te tenant la chandelle
 
Il jetta sa malédiction
Sur toute ta progéniture
Semant sur les générations
Le crime, la haine, et la torture
 
Le créateur fit le déluge
Ne croyant plus qu'au Père Noé
Mais par quelques subterfuges
Le bonhomme était contaminé
 
De l'enfer et du purgatoire
De l'Olympe et du Paradis
Vinrent des idées contradictoires
Ram'nant le mal sur le tapis
 
Le tambour revint à la guerre
Et l'on vit reprendre le pouvoir
Par la vermine de naguère
Celle des bouchers, celle des abbatoirs
 
De la victoire au génocide
Partout où tonne le canon
On n'arrète pas le fratricide
Même au nom de la religion
 
Qu'il descende de Jéhova
Du singe ou de l'orang outan
L'homme est toujours, et restera
Le plus ignoble dégoutant
 
Voilà la véritable histoire
La vraie, l'unique, l'universelle
Dans la bible ou dans le grimmoire
Le maquereau fourvoit la pucelle...
 
Bien entendu, depuis cette époque, mon ressentiment a évolué. Aujourd'hui, j'ai réappris à croire en l'autre. Ma démarche se nourrit d'espérance...
 
Pourtant, je doute encore que mon travail d'écriture parvienne à ne pas rester lettre morte. Peu importe le talent, peu importe le travail du texte, ces critères semblent parfois si dérisoires...  Les saveurs ne sont plus très fédératrices. Qui veut que l'on vienne à sa table doit servir de la soupe...
 
Des artistes inconnus
 
Ses mains tendues offrent la charité
Les passants dans la rue ne l'ont pas remarqué
A ses pieds, insolite, un petit chien dressé
Joue de la musique sur un piano cassé
 
Ce jouet symbolique innonde de gaité
Les sanglots de la pluie qui commence à tomber
Sur le trottoir battu par des pieds de hasard
Jonché de papiers, de détritus épars
 
Etrangers à l'averse, ces artistes baroques
Poursuivent leurs prouesses dont le commun se moque
Les mains de l'homme font d'étranges arabesques
Auxquelles le chien s'accorde presque
 
Quelques notes égarées parviennent aux oreilles
D'une enfant de la rue qui soudain s'émerveille
Car le duo bizarre a mis dans ses accords
La magie des histoires que l'on raconte encore
 
Et la voici partie pour une grande aventure
Dans une poésie qui doucement murmure
Ou carillonne à souhait quand l'instrument du chien
Fait sonner dans son coeur la joie du musicien
 
Au delà des paillettes, dans les ruelles obscures
Ceux là n'ont pas de gloire, mais leur talent est sûr...
 
 
 
 
 
September 12

Le retour à l'écriture

Nous sommes en 1992 lorsque la guitare vient à nouveau me démanger. En huit ans, j'ai traversé d'autre aventures qui m'ont amené à une nouvelle étape de mon existence.
 
Depuis 1994, j'ai repris des études, dans le domaine agricole. La première année est une longue épreuve. Il y a déjà, ces médicaments qui me provoquent des migraines abominables, puis cet isolement dans une chambre d'étudiant à Saint Flour. Je traverse un hivers sinistre, penché nuit et jour sur les cours, parcourant parfois le soir les ruelles obscures bordées d'immeubles aux facades lépreuses. Le gris des pierres basaltiques n'a d'écho ques les hurlements de la bise  qui emportent la neige en nuées de flocons. Mon dénuement est total. Je ne possède alors qu'une paire de chaussures d'été, et le froid qui me mord les pieds me dévore tout entier.
 
Je récolte néanmoins les fruits de mon travail. D'abord un brevet de technicien, puis, un diplôme de technicien supérieur.
 
Ma vie bascule en 1992, après un premier passage dans un cabinet d'expertise comptable. C'est un voyage en allemagne de l'est qui allume la mèche d'une bombe amorcée dans mon enfance. Je me laisse contaminé par les effluves nauséabondes de la grande histoire. Il y a tout d'abord les vieux quartiers de Berlin aux facades d'immeubles criblées d'impacts. Puis, les monuments de Dresde couverts d'une noirceur de mort. Viennent ensuite les forêts des monts Esguebirgues près de la frontière tchèque. Désertées par la vie.  Les pins y dressent leurs cimes fantomatiques dans une atmosphère qui pue les fumées d'usines. La visite du camp de concentration de Buckenwald me terrasse. A l'entrée , une cabane à souvenir vend des guirlandes de diapositives où l'on voit les silhouettes décharnées des déportés. Contre  l'enceinte barbelée se dresse intacts les bâtiments de l'ancienne divisision SS. Du linge pend aux fenêtres. Les lieux ont été transformés en HLM par les soviets. Une foule bruyante parcoure les salles des fours crématoires. Des touristes en shorts filment sans pudeur, une crème glacée à la main...
 
Dans le train qui me ramène vers la France, le casque sur les oreilles, j'écoute en boucle un disque du groupe Police. Le long de la voie, j'aperçois un lapin mutant qui se traine sur le balast ; dernière image d'une déshérence crépusculaire...
 
Seule la ville de Weimar me donnera un peu de chaleur et de lumière. De retour chez moi, elle m'inspirera ce poème :
 
Souvenir de Weimar
 
Précisément, j'ai encore en mémoire,
Ce gâteau entuilé d'amandes
Dont nous goûtames, à ma demande
Au café Goethe, à Weimar
 
Cette ville a des couleurs de pommes
Dois-je dire que les fenêtres ouvertes
Aux facades de la rue, jaunes ou vertes
Font jouer la lumière dans un théatre d'hommes
 
Dehors, c'était l'été dans un habit d'automne
Les arbres rouges et or faisaient tinter Weimar
D'un accent de voyelles et de grand tintamarre
La ville mettait en scène, le Soleil en personne
 
Et ce théatre ? Oui, nous le vîmes alors
Dressé sur ses colonnes au milieu des pavés
Symbole de république, fantôme de liberté
Alors que nous partîmes, il me hantait encore
 
Précisément, j'ai encore en mémoire
Ce déclin de soleil, en sortant du café
Ce théatre ou Goethe et Schiller associés
Déclamaient des poèmes dans la beauté du soir
 
A suivre...
 
 
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